La SEC jette le trouble sur l’acquisition de Nexen par le chinois Cnooc
La commission des opérations de Bourse américaine (SEC) a indiqué ce week-end avoir obtenu d’une cour de justice du pays le gel de 38 millions de dollars d’actifs du fonds d’investissements de Hong Kong Well Advantage Limited, contrôlé par l’homme d’affaires chinois Zhang Zhirong et d’autres investisseurs, accusés d’avoir acheté des actions de Nexen avant l’annonce officielle de son rachat par le géant énergétique chinois Cnooc pour un montant de 15,1 milliards de dollars.
Well Advantage aurait ainsi acheté pour 14,3 millions de dollars d’actions Nexens deux jours avant l’annonce du rachat par le biais d’un compte détenu chez Citibank et un autre logé chez UBS. Une opération qui lui aurait permis de réaliser un bénéfice de 7 millions. Et la SEC de préciser que Zhang Zhirong contrôle une autre société, China Rongsheng Heavy Industries, qui détient «un accord de coopération stratégique» avec Cnooc.
Par ailleurs,d’autres investisseurs «non identifiés» auraient également utilisé des comptes localisés à Singapour pour encaisser 6 millions de dollars, en effectuant un aller-retour sur les titres. Selon la SEC, les autres traders impliqués auraient ainsi utilisé deux comptes à Singapour, un chez Citibank et un autre chez Phillip Securities, pour acheter plus de 676.000 actions du groupe canadien visé par Cnooc, juste avant l’annonce du rachat, pour les revendre seulement quelques heures après.
Dans les deux cas, la SEC a été alertée par le fait que ces investisseurs opportunistes ne détenaient aucune position dans Nexen une semaine avant l’annonce de l’opération. L’autorité compte poursuivre ses investigations en se rapprochant des autorités de Hong Kong et de Singapour afin d’identifier les investisseurs concernés et d’obtenir des preuves du délit d’initiés.
Une enquête qui jette une ombre sur ce qui était annoncé comme étant la plus grosse opération de rachat par une société chinoise à l'étranger. Si l’opération doit être finalisée au quatrième trimestre, elle reste suspendue à l’aval des autorités qui pourraient être tentées de s’en servir comme objet de marchandage avec les autorités chinoises. Un sénateur américain a en effet appelé les autorités à suspendre l’approbation du rachat tant que Pékin ne prend pas des engagements «tangibles» de réciprocité permettant aux entreprises américaines de réaliser des opérations d’acquisition en Chine.
Plus d'articles du même thème
-
Le marché salue les performances de Deutsche Bank au deuxième trimestre
La banque allemande a publié un bénéfice net record de 1,9 milliard d’euros au deuxième trimestre 2026 et juge le second semestre bien engagé. Le contexte domestique, entre réforme des retraites et relance des investissements dans les infrastructures et dans l'armement, devrait amener le groupe à dépasser les objectifs fixés pour 2028. -
UBS séduit les investisseurs avec 3 milliards de dollars de rachats d'actions
La banque suisse a enregistré une forte hausse de ses bénéfices au deuxième trimestre, mais elle reste sous la menace d'une évolution réglementaire défavorable sur son marché domestique. -
La croissance des salaires en zone euro devrait remonter légèrement d’ici à 2027
Certains décideurs de la Banque centrale européenne (BCE) s’alarment des risques d’effets de «second tour» via une boucle prix-salaires, après la hausse de l’inflation énergétique liée au conflit en Iran. Les hausses de salaires anticipées au travers du «wage tracker» publié mercredi resteraient pourtant a priori modérées. -
Bureau Veritas se montre plus confiant pour 2026 après un deuxième trimestre solide
L'entreprise française a annoncé relever ses objectifs annuels après un bon premier semestre, marqué par une accélération de la croissance organique au deuxième trimestre et des acquisitions dans ses domaines à forte croissance. -
Solvay confirme ses objectifs pour 2026, l'Ebitda a fondu au deuxième trimestre
Pour l'ensemble de l'exercice en cours, Solvay table toujours sur un excédent brut d'exploitation (Ebitda) sous-jacent compris entre 770 millions et 850 millions d'euros, ainsi que sur un flux de trésorerie disponible d'au moins 200 millions d'euros. -
Sopra Steria et Alten rassurent les investisseurs sur la menace IA
Les deux spécialistes du conseil et des services informatiques ont relevé leurs objectifs de croissance. Ils rebondissent nettement en Bourse alors que l’impact du développement de l’intelligence artificielle sur leurs activités inquiétait les investisseurs.
ETF à la Une
Pimco lance un nouvel ETF Ucits
- La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
- Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Nicolas Calcoen rejoint le conseil d’administration de Victory Capital
- BNP Paribas collecte 6 milliards d’euros en gestion d’actifs au deuxième trimestre 2026
- La Commission des sanctions de l’AMF inflige 420.000 euros d’amendes à Uzès Gestion et ses ex-dirigeants
Contenu de nos partenaires
-
Série 12/28Un été d'essais politiques : Charles Millon, à droite toute
SERIE. Pour l'Opinion, notre chroniqueur Bernard Quiriny a rouvert des essais politiques d’hier à aujourd’hui, des classiques incontournables aux livres de circonstance oubliés -
Série d'étéMoi, Monique Canto-Sperber, présidente : « Je proposerais de construire une société de libertés et de paix civile »
SERIE. La philosophe et figure du libéralisme en France se met dans la peau du futur locataire de l'Elysée et liste ses premières décisions -
La City contre-attaqueLa Lady Mayor, à la fois reine, ambassadrice et VRP de la City
SERIE (4/10). Cet été, l’Opinion vous invite à découvrir les transformations économiques, physiques, sociales et culturelles de la place financière de Londres depuis le Brexit. Le Lord-maire, poste occupé cette année par Susan Langley et qui remonte au 12e siècle, règne presque comme un roi, le temps de son mandat, sur la City.