La Russie est prise dans l’engrenage du resserrement monétaire
La Russie est engagée dans une spirale infernale. Le resserrement monétaire de 100 pb opéré hier par la banque centrale russe (CBR) pour porter son taux de refinancement à une semaine à 10,5% étouffe un peu plus l'économie. Malgré un léger recul hier, le rendement des obligations locales à 2 ans reste supérieur à 12% et dépasse les taux courts d’environ 150 pb.
Si l’autorité a livré des tours de vis monétaires cumulés de 500 pb depuis le début de l’année, l’inflation sous-jacente a augmenté de 340 pb sur les onze premiers mois de l’année pour atteindre 8,9% fin novembre. En outre, ces tensions sur les prix se sont transmises aux anticipations d’inflation des ménages et des entreprises qui dépassent désormais les 10% pour début 2015.
Si la CBR n’a pas exclu de nouvelles hausses de taux, le marché des changes a réagi négativement au resserrement d’hier, certains économistes espérant plutôt une hausse de taux plus importante, de 150 à 200 pb. Le rouble cédait ainsi 1,5% supplémentaires hier contre dollar pour tomber à un nouveau plus bas historique de 55,69. La dépréciation de la devise, qui atteint 70% depuis le début de l’année, devrait à la fois entretenir les tensions inflationnistes et pousser la CBR à augmenter toujours davantage ses taux, mais également peser fortement sur l’activité, déjà lestée par la baisse des prix du pétrole et les sanctions internationales prises contre le pays. BNP Paribas anticipe ainsi une contraction du PIB russe de 1,5% en 2015, contre -0,8% anticipé par Moscou.
La CBR compte également sur ses interventions sur le marché des changes pour casser cette spirale et ramener l’inflation vers sa cible de 4% à moyen terme, quitte à mettre de côté la récente mise en place d’un taux de change flexible. L’autorité a déjà brûlé 5 milliards de dollars sur le marché des changes depuis le début du mois, mais conserve un matelas total de réserves de changes confortable de 416 milliards.
Sur les 678 milliards de dollars de dette externe, dont 60% libellés en billet vert, les tombées seront limitées à 125 milliards l’an prochain, une partie étant issue des sociétés publiques. «La périodicité de remboursement suggère qu’après des sorties de capitaux massives en 2014 (d’environ 33 milliards de dollars), les pressions devraient s’apaiser en 2015 et 2016», ajoute Natixis.
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