La Russie confirme son rang dans le monde des fusions-acquisitions
Sur la dernière semaine, les transactions conclues dans le pays ont représenté plus de 13 % des volumes européens
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Olivier Decarre
La Russie, eldorado des fusions-acquisitions ? En 2007, elle a en tout cas été le pays émergent le plus actif sur ce plan (devant la Chine), avec 176 milliards de dollars de volumes. Et le rythme ne semble pas faiblir. Rien que sur la semaine qui s’est écoulée (voir notre tableau réalisé avec Mergermarket), les groupes russes ont été impliqués dans des transactions qui ont représenté plus de 13 % des volumes européens (pour les opérations de plus de 100 millions d’euros).
Lorsque la Russie est évoquée, l’énergie vient immédiatement à l’esprit. D’ailleurs, deux opérations cette semaine ont été réalisées dans ce secteur : la reprise des producteurs d’électricité TGK-2 et TGK-6. Seul souci pour les groupes étrangers, ce secteur hautement contrôlé reste pour l’heure assez fermé, même si le finlandais Fortum est parvenu fin février à acquérir 55,3 % de TGK-10 pour 785 millions d’euros.
Mais les transactions sont loin de ne concerner que les groupes énergétiques. Et là, le jeu apparaît plus ouvert.
En 2006 et 2007, la Russie avait été particulièrement ciblée par les brasseurs dans leur course à la taille. Cette semaine, c’est dans les boissons sans alcool qu’a eu lieu une transaction de taille avec la reprise de l’activité jus de fruit de Lebedianski (le numéro un local) par PepsiCo. Le directeur général de PepsiCo International n’a pas fait mystère du potentiel perçu. «Cet accord nous fournit une plate-forme solide pour poursuivre notre expansion sur un marché présentant l’une des plus fortes croissances mondiales pour le jus de fruit», a-t-il indiqué. Et ce qui est vrai pour le jus de fruit l’est pour d’autres secteurs. C’est également par les perspectives du marché local que Renault a en partie justifié sa récente acquisition de 25 % du capital d’AvtoVaz. Seul bémol : plusieurs experts ont déjà avancé que le flou entourant la gouvernance dans le pays pouvait laisser planer un doute sur la pérennité et les retombées des transactions réalisées en Russie.
Pour l’instant, cela ne décourage pas les investissements. En plus d’avoir le premier marché émergent en 2007, la Russie a aussi représenté plus de 8 % des volumes européens et affiché une croissance deux fois plus élevée que celle du continent (75 % contre 38 %). Avec des opérations comme celle de Renault ou la montée de Société Générale dans Rosbank, la Russie semble bien partie pour surperformer de nouveau en 2008.
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