La Riksbank suédoise renforce son arsenal d’assouplissement monétaire
La banque centrale suédoise a encore frappé. En enfonçant en territoire négatif de 15 points de base supplémentaires son taux «repo» à -0,25% et en renforçant le montant de ses rachats d’obligations d’Etat de 30 milliards de couronnes, la Riksbank a surpris les marchés hier en agissant en dehors de ses réunions ordinaires. Le taux sera maintenu à ce niveau au moins jusqu’au deuxième semestre de 2016, et les rachats de titres porteront sur des maturités allant jusqu’à 25 ans.
L’autorité se réserve en outre la possibilité si nécessaire de renforcer ces mesures ou de les compléter avec notamment le lancement d’un programme de prêts bancaires aux entreprises.
Le but est de faire revenir le taux d’inflation vers sa cible de 2%, menacée par une appréciation trop forte de la devise notamment face à un euro et un franc suisse qui pâtissent des mesures exceptionnelles prises par la BCE et la BNS. Si l’inflation s’est reprise à 0,6% après être tombée à zéro il y a un an, et la croissance des prêts aux entreprises et aux ménages a accéléré à un rythme de respectivement 4,6% et 6% sur un an, «la Riksbank souhaite avant tout éviter l’erreur commise mi-2010 lorsqu’elle avait resserré prématurément sa politique monétaire, ce qui avait eu un effet néfaste sur l’inflation sous-jacente et les prêts», explique Natixis.
«La Riksbank n’a pas seulement lié sa crédibilité à l’évolution des anticipations d’inflation, mais également à celle de sa devise», rappelle Citigroup. La couronne dévissait de 2,4% contre dollar et de 2,1% contre euro hier, et les rendements à 2 et 10 ans chutaient de 10 et 17 pb pour tomber à des plus bas historiques de respectivement -0,33% et 0,43%. La devise reste néanmoins en hausse de 3,5% contre euro depuis un mois, alors que «les positions acheteuses sur la couronne se sont renforcées en début de semaine, mais pourraient être débouclées après les nouvelles mesures» prises hier par la Riksbank, estime Citigroup.
Cette décision met la pression sur la Norges Bank qui se réunit aujourd’hui et devrait baisser à nouveau ses taux à 1%, selon le consensus. «Même si la couronne norvégienne a repris du terrain face à l’euro, elle reste faible face au dollar, et son taux de change effectif est plus faible que fort et ne mérite donc pas de mesures défensives supplémentaires à l’heure actuelle», estime ING. D’autant que le pays bénéficie d’une inflation élevée de 1,9% comparée à ses voisins européens.
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