La Riksbank se met au diapason des mesures prises par la BCE
A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Après les annonces faites par la BCE le mois dernier et complétées hier, la banque centrale suédoise (Riksbank) est allée au-delà des anticipations de marché en réduisant ses taux directeurs de 50 pb jeudi pour les ramener à seulement 0,25%.
En outre, l’autorité a également étendu sa promesse de conserver sa politique accommodante jusqu’en septembre 2015. Un fort revirement puisqu’en avril dernier, elle prévoyait une remontée des taux directeurs à 1,20% à cette échéance. Le marché monétaire anticipe désormais un premier resserrement monétaire retardé à fin 2015 ou même début 2016, avec un décalage de la courbe compris entre 40 et 120 pb.
«Nous avons constaté une chute de l’inflation globale et il est maintenant avéré que les pressions inflationnistes sous-jacentes sont clairement plus faibles qu’en avril», a expliqué le communiqué. Le taux d’inflation du pays a été négatif sur les cinq derniers mois, et la Riksbank table désormais sur une inflation moyenne de 0,6% en 2014, 1,6% en 2015, et un retour à sa cible de 2% en 2016. Un rebond en lien avec l’accélération attendue de la croissance de 2,2% cette année à 3,3% et 3,1% en 2015 et 2016. «Les mesures prises par la BCE et le discours relativement accommodant tenu la semaine dernière par la Norges Bank ont joué un rôle» dans la décision de l’autorité suédoise, estime BNP Paribas. Le communiqué reconnaît d’ailleurs que «le facteur supplémentaire pris en compte est la révision à la baisse des prévisions de taux directeurs internationaux». La réaction du marché des changes a d’ailleurs été violente hier avec une chute de la couronne suédoise de 2,5% contre euro et de 1,5% contre la couronne norvégienne (NOK). Depuis le début de l’année, elle affiche des retraits respectifs de 5% et 2,5% contre les deux devises.
La Riksbank a néanmoins alerté sur l’endettement des ménages, qui représente 175% de leurs revenus disponibles et que les mesures prises hier risquent d’exacerber. Le FMI estime que le marché immobilier suédois est surévalué de 22%.
Or, malgré l’instauration de mesures macroprudentielles, le relèvement du plancher à 25% fixé sur le poids des risques hypothécaires à partir de 2015 et le renforcement des exigences en capitaux propres des banques du pays, RBS anticipe une nouvelle hausse des prix immobiliers de 6,8% cette année.
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