La Riksbank pourrait durcir le ton sur la hausse de la couronne suédoise
La banque centrale suédoise (Riksbank) hésite à baisser ses taux. Son rapport publié mardi a révélé que les pressions inflationnistes continuaient à se modérer à un rythme annuel de 0,7% en juillet, après 1% en juin. L’inflation sous-jacente ajustée du coût hypothécaire est restée stable à 0,8%. «Les pressions inflationnistes continuent d’être très faibles, et sont une des principales raisons qui nous poussent à anticiper une baisse du taux de refinancement de la part de la Riksbank dès cette automne», estime un analyste de SEB AB.
Lars Svensson, une des «colombes» faisant partie des neuf membres du comité de politique monétaire de la banque centrale, a réitéré son inquiétude quant à l’effet sur l'économie du maintien de taux directeurs trop élevés, et notamment sur le marché de l’emploi. Selon lui, ramener plus rapidement le niveau d’inflation vers sa cible à moyen terme en baissant les taux permettrait de faire refluer le taux de chômage, actuellement à 7,5% contre une moyenne de long terme de 5,7%, et de refermer l’écart de production (output gap) plus rapidement.
Cependant, la production industrielle a rebondi de 1,1% en rythme annuel en juin après un recul de 2,4% en mai, alors que le consensus anticipait une contraction de 1,1%. D’ailleurs, le PIB a progressé de 2,3% au deuxième trimestre, bien au-delà du 0,6% prévu par le consensus. De quoi permettre au gouvernement de relever ses prévisions de croissance sur l’année 2012 à 1,1%. «L’économie s’est montrée plus résistante que prévu», a estimé le ministre des Finances, Anders Borg.
Mais les perspectives restent incertaines. Pour 2013, Stockholm a baissé ses prévisions de croissance à 3%, et les commandes industrielles ont chuté de 1,9% en juin. Sans compter que 50% de la production du pays est vendue à l’étranger, dont 70% à l’Europe en crise. Or, la couronne suédoise s’est appréciée de près de 10% contre euro depuis mi-mai, pour atteindre 8,2581.
Si Anders Borg considère que l’appréciation de la devise fait partie «des mouvements normaux de marché» et qu’il est trop tôt pour la considérer comme une valeur refuge, Citigroup estime qu’il «est vraisemblable que la Riksbank commence à faire état de son malaise face à la valeur particulièrement élevée de la monnaie». D’autant que la BNS recycle ses euros achetés sur le marché pour défendre sa parité de 1,20 notamment en devises nordiques, contribuant ainsi à leur hausse.
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