La révision du Mécanisme européen de stabilité pourrait rassurer les investisseurs privés
Pour les économistes, les clauses d’action collective censées être appliquées en 2013, contribuent à la panique des investisseurs
Publié le
Solenn Poullennec
Une remise à plat du fonctionnement du futur Mécanisme européen de stabilité (MES) pourrait soulager un peu les créanciers privés. C’est du moins ce qu’estiment des économistes alors qu’a été évoquée la possibilité de revoir la façon dont les créanciers seront impliqués dans une restructuration de la dette émise par le fonds qui remplacera le FESF en juin 2013.
D’après l’accord trouvé par le Conseil en mars, toutes les émissions réalisées à partir de cette date incluront des clauses d’action collective. Si le MES intervient dans un pays qui n’a qu’un problème de liquidité, les créanciers pourront l’aider sur une base volontaire. En revanche, ils seront automatiquement sollicités dès lors que le pays rencontre des difficultés qui ne peuvent pas être résorbées grâce à un programme d’ajustement macroéconomique.
Si elle était confirmée, la disparition de ces clauses serait de nature à rassurer un peu les investisseurs selon les économistes. Pour Fréderik Ducrozet, économiste chez Crédit Agricole CIB, «ce serait une bonne chose car s’il faut citer une décision qui a favorisé la contagion de la crise grecque c’est la mise à contribution des créanciers privés».
«Théoriquement la création de clauses d’action collective n’a pas vraiment d’impact sur les coûts de financement des émetteurs mais les conséquences pourraient être différentes si on les mettait en place alors qu’on a peur d’un défaut souverain», fait valoir Jacques Cailloux, chef économiste Europe chez RBS.
Les économistes sont plus divisés sur l’intérêt de revoir le rang senior du MES par rapport aux autres créanciers. «Revenir sur les conditions de seniorité ne soulagerait davantage le marché que si l’on revoyait les dispositions sur les clauses d’action collective», estime Jacques Cailloux. Mais dans la mesure où il est déjà prévu que le mécanisme ne jouira pas de ce statut pour les prêts à la Grèce, à l’Irlande et au Portugal, d’autres font valoir que revenir sur ce point n’aura pas tant d’importance.
Même si certains, comme le commissaire aux Affaires économiques, Olli Rehn, plaident pour que la mise en œuvre du MES, soit avancée à 2012, «cela ne règle en rien les problèmes urgents d’aujourd’hui», avance Frederik Ducrozet. Quant aux économistes de JPMorgan, ils sont carrément sceptiques sur l’utilité du dispositif. «Le MES ne peut fonctionner que dans une situation d’endettement limité», estiment-ils.
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