La résolution bancaire au menu de 2013
Le lancinant débat sur la coordination des politiques économiques entre la France et l’Allemagne a refait surface hier à Bruxelles. François Hollande et Angela Merkel sont encore loin d’un compromis sur les futurs « contrats » entre gouvernements et parlements nationaux, d’un côté, et la Commission européenne de l’autre, qui viseraient à combler les déséquilibres macroéconomiques qui minent la zone euro. Les chefs d’Etat et de gouvernement se sont par ailleurs entendus pour accélérer leurs travaux sur la résolution bancaire.
Le contenu de ces contrats relèverait d’une «démarche volontaire», a insisté François Hollande, reste assez flou. S’agit-il simplement de reformater les recommandations de politique économique faite par la Commission européenne ou de «coordination ex ante» des politiques économiques comme l’a dit le président du Conseil Herman van Rompuy? Dans l’esprit du président français, ils devraient permettre de reposer la question des excédents structurels de certains pays comme l’Allemagne et de procéder à un ajustement plus symétrique des soldes économiques dans la zone euro. Mais ce débat n’est pas tranché.
Angela Merkel a estimé que les fonds qui pourraient être alloués au soutien aux réformes structurelles, dans le cadre de ces contrats, devraient tourner autour «de10 à 20milliards d’euros». Les Vingt-Sept ont enterré, à ce stade, l’idée d’un budget de la zone euro pour amortir les chocs économiques. «Nous n’y travaillons pas pour le mois de juin», a admis Herman van Rompuy, toute réforme d’envergure de l’Union économique et monétaire étant repoussée à 2014.
La conditionnalité et les modalités de tout transfert intra-européen restent problématiques, comme le montre la recapitalisation directe des banques espagnoles par le Mécanisme européen de stabilité. Herman van Rompuy a admis qu’il faudrait mettre à profit les semaines à venir pour régler la question des «legacy assets», autrement dit l’épongeage des dettes passées avant de faire intervenir le Mécanisme européen de stabilité, un sujet sur la table depuis juin 2012.
Forts du compromis engrangé sur la supervision bancaire, les dirigeants européens veulent par ailleurs accélérerla finalisation de l’union bancaire. Ils souhaitent l’adoption d’un mécanisme de résolution avant les élections européennes de 2014. La BCE n’y est pas étrangère. Son présidentMario Draghi a fait savoirqu’il devait disposer de la «capacité juridique» pour assurer, le cas échéant, la résolution d’une banque, a expliqué la chancelière allemande après la rencontre.
Dans ses propositions, attendues en 2013, la Commission européenne devra tenir compte du fait que «le mécanisme européen de résolution devrait être basé sur des contributions du secteur financier lui-même». «Ce filet de sécurité doit être neutre fiscalement à moyen terme, en s’assurant que l’assistance publique soitcomblée au moyen de taxes ex post sur l’industrie financière», précisent les conclusions.
Alors que les chefs d’Etat et de gouvernement appelaient hier à l’«adoption rapide» des nouvelles règles en capitaux des banques (CRR/CRD4), les négociateurs se sont entendus sur le plafonnement des bonus à 100% de la rémunération. Mais la conclusion des discussions, espérée la semaine prochaine, reste suspendue à quelques autres points sur la flexibilité des autorités nationales et les surcharges pour risque systémique.
Plus d'articles du même thème
-
L’organisation des Nations Unies prépare l’avenir de l’agriculture
L’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la FAO, a organisé sa première conférence sur le «Smart farming» ou utilisation des technologies au service de tous les agriculteurs afin d’améliorer les pratiques, les rendements et le niveau de vie. -
Omers renonce à nommer un nouveau directeur des investissements
Le fonds de pension canadien des agents de la fonction publique de l'Ontario, qui pèse 145,2 milliards de dollars canadiens d'actifs nets, redistribue les responsabilités de son ancien directeur des investissements entre plusieurs dirigeants. -
Schroders Capital anticipe un triplement des opérations de continuation d'ici 2035
Le marché mondial des opérations de continuation pourrait dépasser 330 milliards de dollars d'ici 2035, contre 109 milliards en 2025. Selon Schroders Capital, cette dynamique traduit une évolution structurelle du private equity et accompagne le recul des cessions entre sponsors. -
Acadian Asset Management muscle ses effectifs en Asie
La société de gestion systématique poursuit son expansion régionale avec trois nominations à Singapour. -
Nvidia multiplie les initiatives pour étendre son hégémonie aux différents marchés de l'IA
Le géant des puces investit et noue des partenariats afin de se rendre incontournable au sein de l'écosystème de l'intelligence artificielle. -
Le yen reste sous pression
Retrouvez comme chaque semaine le tour d'horizon du marché des changes par DeftHedge.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- Aymeric Oudin (Adereim) «Le logement ne peut plus être considéré comme un placement passif»
- H2O AM boucle la liquidation des actifs de ses fonds cantonnés
Contenu de nos partenaires
-
Loi d'urgence agricole : les 5 points de discorde majeurs qui opposent le Sénat et l'Assemblée
Le Sénat a tranché en faveur d’un texte plus souple mais le vrai combat s’ouvrira le 16 juillet lors d’une Commission mixte paritaire (CMP) où députés et sénateurs tenteront de concilier leurs visions divergentes -
Flagrant délitEn Inde, une affaire de détournement de fonds fragilise le BJP de Narendra Modi
Déjà affaiblie par les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, la formation du Premier ministre est mise en cause dans un scandale autour du temple de Ram sur lequel elle a bâti sa popularité -
La France doit reconnaître la filiation actée par un tribunal étranger d'un enfant né par GPA, dit la Cour de cassation
Cette décision du 3 juillet concerne un couple d'hommes français résidant au Canada et pères de trois enfants. Pour la Cour de cassation, l'interdiction de la GPA en France ne suffit plus à bloquer l'exequatur d'un jugement de filiation étranger