La Réserve fédérale aborde la voie de la normalisation avec prudence
Attribué à Benjamin Franklin, l’adage populaire «échouer à se préparer, c’est se préparer à échouer» résume la préoccupation actuelle du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC). Lors de leur réunion des 29 et 30 avril, les responsables de la politique monétaire américaine ont passé en revue les différents outils à leur disposition pour contrôler les taux d’intérêt à court terme (lire aussi page 2).
Mais cette discussion s’inscrit dans le cadre d’une «planification prudente» et ne signifie pas que «cette normalisation débuterait nécessairement bientôt». La plupart des investisseurs ne s’attendent pas à ce que la Fed relève ses taux avant le milieu de l’année prochaine au plus tôt. Et les «minutes» publiées hier soir ne sont pas de nature à modifier leur perception. Pour le président de la Fed de Minneapolis Narayana Kocherlakota, qui s’est exprimé hier soir, il n’est d’ailleurs pas question pour la Fed à l’heure actuelle de dévoiler une «stratégie de sortie» révisée. «Les gens ne doivent pas à s’attendre à ce que tout s'éclaire lors de la prochaine réunion», a-t-il prévenu.
Selon les «minutes», si l’ajustement de la politique d’orientation des anticipations (forward guidance) en mars a été bien perçue par les investisseurs, les membres du FOMC considérent toutefois qu’une «communication avancée» de leur stratégie de sortie «renforcerait la clarté et la crédibilité de la politique monétaire». La Fed reste aujourd’hui très à l’aise avec son biais accommodant. Lors d’une audition devant les parlementaires le 7 mai, sa présidente Janet Yellen a jugé «qu’un haut degré d’assouplissement monétaire demeure justifié» avec des niveaux d’inflation et d’emploi loin des objectifs.
Le FOMC estime à ce sujet qu’il ne doit pas gérer «un compromis entre ses objectifs d’emploi et d’inflation, et qu’un accroissement de la demande globale se traduirait par des progrès supplémentaires pour tous les deux». Sur le plan conjoncturel, certains participants ont souligné qu’il était «trop tôt pour confirmer que le rebond de l’activité mettrait l'économie sur la voie d’une croissance durable supérieure à la tendance».
Si les risques pour la croissance et le marché du travail sont perçus comme «quasiment équilibrés», l'état du marché immobilier et les développement internationaux, notamment liés à l’Ukraine, sont cités comme des facteurs potentiels de déstabilisation.
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