La reprise de l’activité en zone euro reste fragile
L’indice PMI des directeurs d’achat a reculé plus que prévu au mois d’août, mais reste néanmoins compatible avec une croissance du PIB de 0,3%
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Patrick Aussannaire
La zone euro enregistre un affaiblissement plus marqué que prévu de la croissance de l’activité de ses entreprises. L’estimation préliminaire pour le mois d’août de l’indice composite PMI des directeurs d’achat au sein de la zone a chuté d’un point pour revenir à 52,8, son niveau de juin. Une baisse qui a touché à la fois les services et le secteur manufacturier. Ce dernier, qui est le plus dépendant des exportations, a été plus marqué par les conséquences de la crise ukrainienne, avec un indice qui est revenu à son plus faible niveau depuis juillet 2013.
Si ces chiffres «alimentent les inquiétudes quant à la fragilité de la reprise économique en zone euro», ils restent compatibles avec une croissance du PIB de 0,3%, selon ING qui en déduit qu’il semble «prématuré d’évoquer une nouvelle récession». Après un deuxième trimestre marqué par une croissance nulle et une contraction de 0,2% du PIB en Allemagne, ces chiffres masquent de fortes disparités au sein de la zone.
Si l’indice PMI a reculé de 0,8 point en Allemagne à 54,9, il reste en zone d’expansion et augure d’une reprise de la croissance de 0,3% au troisième trimestre après le trou d’air enregistré au deuxième. Dans le même temps, l’indice composite en France est revenu à 50 points après trois mois consécutifs de repli sous cette barre. Pourtant, l’activité des services reste inférieure à celle de ses partenaires, et l’indice manufacturier a une nouvelle fois reculé de 1,3 point pour tomber à 46,5. Barclays estime ainsi que les risques pesant sur sa prévision de croissance de 0,2% au troisième trimestre sont orientés à la hausse.
«La chute de l’indice global a été principalement causée par un recul sensible de l’indice moyen dans le reste de la région», indique ING, même si Moody’s a récemment estimé que l’Irlande, le Portugal et l’Espagne ont retrouvé le chemin de la croissance. Les pays périphériques ont d’ailleurs bénéficié d’un regain de confiance de la part des investisseurs avec une chute de leurs rendements à des plus bas historiques suite aux mesures prises par la BCE en juin.
La baisse de l’indice des prix à la production à 48,9 points en août, en zone de contraction pour le 29e mois consécutif, ajoute aussi «une pression supplémentaire à la BCE», estime RBS. Un tiers des économistes interrogés par Reuters anticipent désormais le lancement d’un QE. Mais il ne devrait pas intervenir avant le résultat des TLTRO et des stress tests, selon RBS.
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