La reprise de la croissance britannique se confirme

Le PIB a crû de 0,6% au cours des trois derniers mois, ce qui pourrait dissuader la Banque d’Angleterre de relancer les achats d’actifs
Solenn Poullennec

La reprise de la croissance se précise en Grande-Bretagne. Le PIB est ressorti en hausse de 0,6% au second trimestre par rapport aux trois premiers mois de l’année, selon l’estimation préliminaire du bureau national des statistiques. Le secteur des services a beaucoup contribué à cette performance conforme aux attentes. Lors du premier trimestre, le PIB britannique avait déjà légèrement progressé à 0,3% mais les données publiées aujourd’hui sont encore plus encourageantes car tous les secteurs d’activité y ont contribué. Sur un an, la progression est de 1,4%. Un chiffre à relativiser compte tenu des congés liés au Jubilé de la Reine en 2012.

«Il y a encore des obstacles importants à la croissance», note Nathalie Dezeure, économiste chez Natixis. Selon elle, la hausse du PIB dépend pour beaucoup de la volonté des consommateurs britanniques à diminuer encore leur épargne alors que les perspectives d’augmentation de la demande extérieure sont mitigées. Même si la reprise se dessine aux Etats-Unis et que les derniers indicateurs européens sont encourageants, la croissance ralentit dans les pays en développement et notamment en Chine. Enfin, comme l’avait souligné la Banque d’Angleterre en juin, l’économie pourrait souffrir d’une hausse des taux en lien avec la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine.

«Le troisième trimestre semble avoir bien démarré», affirme James Knightley, chez ING, citant le résultat des enquêtes de juin auprès des directeurs d’achats (PMI). Selon le consensus des économistes de Bloomberg, le PIB devrait croître de 1% en 2013. L’estimation est proche de celle du Fonds monétaire international, à 0,9%. Mais la Grande-Bretagne est loin d’avoir rattrapé le temps perdu pendant la crise. Au deuxième trimestre, le PIB était encore 3,3% en dessous du pic de la croissance de 2008.

«L’amélioration de l’activité fait qu’il n’y a pas d’urgence à relancer l’assouplissement monétaire pour le comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre», analyse Blerina Uruçi, économiste chez Barclays. En juillet, les banquiers centraux, désormais emmenés par Mark Carney, avaient surpris en votant à l’unanimité contre une reprise du programme d’assouplissement quantitatif (aujourd’hui 375 milliards de livres). Beaucoup d'économistes s’attendent en revanche à ce que la BoE adopte une politique d’orientation des anticipations (forward guidance) au mois d’août.

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