La remontée des taux européens pourrait forcer la BCE à agir
L’annonce de la fin progressive du programme d’assouplissement quantitatif (QE) de la Fed s’est fait ressentir sur les taux américains mais aussi européens. De quoi, selon certains économistes, mettre la Banque centrale européenne (BCE), sous pression pour annoncer de nouvelles mesures de soutien à l’économie de la zone euro.
Après que Ben Bernanke a annoncé son intention de réduire progressivement les montants des achats d’actifs d’ici à la fin de l’année pour mettre fin au QE vers le milieu de l’année prochaine, les taux longs américains ont pris 23 points de base sur cinq jours. Ils ont touché les 2,50% vendredi dernier.
En Europe, les taux allemands à 10 ans progressaient de 20 pb sur les cinq derniers jours, à 1,72%. Les taux longs français, italiens et espagnols, se sont tendus respectivement de 21, 28 et 25 pb sur la semaine. Les taux à plus court terme ont aussi été touchés. A 2 ans, ceux de la France ont bondi de 38 pb et les allemands 22 pb. «La politique américaine pourrait n’avoir qu’un impact limité, même si la réaction sur les taux européens à court terme peut être interprétée comme la crainte que la BCE puisse faire un jour la même chose [que la Fed]», écrit Frederik Ducrozet, économiste chez Crédit Agricole CIB.
«Les coûts de financement vont augmenter pour tous dans la zone euro alors que les taux de croissance sont en train d’être revus à la baisse, par la plupart, en dessous de zéro. La BCE devra agir parce que les politiques ne vont pas mettre en place des mesures porteuses d’espoir avant longtemps», estime Suki Mann, analyste chez Société Générale CIB. Alors que le taux de refinancement de la banque centrale a été abaissé à 0,50% en mai dernier, le stratégiste anticipe une nouvelle baisse des taux ou de nouvelles mesures non conventionnelles.
La prochaine réunion de la BCE se tiendra le 4 juillet prochain. En juin, le conseil des gouverneurs a maintenu le taux de refinancement inchangé mais cette discussion n’a pas été prise à l’unanimité. Qui plus est, le président de la BCE, Mario Draghi, a expliqué que les banquiers centraux avaient eu une «longue discussion» sur les outils non conventionnels qui pourraient être utilisés pour soutenir le crédit aux PME dans les pays périphériques. Ils ont ainsi évoqué les possibles actions qui pourraient être entreprises sur le marché des ABS, les LTRO ou encore la politique de collatéral.
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