La remontée des taux complique le casse-tête de la BCE
Programmé pour le 5 septembre, le conseil de rentrée des gouverneurs de la Banque centrale européenne tombe à pic. Les investisseurs ont en effet profité des vacances de Mario Draghi pour placer le président de la BCE devant un nouveau casse-tête: gérer la remontée des taux des pays cœur de la zone euro. Vendredi, les rendements allemands se sont une nouvelle fois tendus après l’annonce, confirmée, d’une croissance de 0,7% du PIB au deuxième trimestre. Ils sont montés en séance à 1,9772%, leur plus haut annuel. En un mois, ils viennent de prendre 28 points de base. En France, le 10 ans français a touché son plus haut depuis juillet 2012 à 2,5205%. Les rendements à 2 ans suivaient la même tendance.
La remontée des rendements allemands, et français par contagion, exprime le regain d’optimisme concernant la reprise économique en zone euro. Un bon point. Mais elle est aussi exacerbée par des éléments indépendants de l’embellie européenne, comme l’ascension des rendements américains en prévision du ralentissement du programme de rachats d’actifs de la Réserve fédérale. Trop rapide, cette remontée pourrait compromettre le mécanisme de reprise économique. «Nous avons toujours pensé que la BCE agira pour éviter un durcissement du marché du crédit susceptible de compromettre la croissance», indiquent les économistes de CA CIB.
Si une baisse des taux paraît peu probable vu les bonnes statistiques récentes, Citigroup estime que la BCE pourrait introduire dans son discours de septembre quelques références au marché monétaire pour calmer les tensions actuelles, alors que l’Eonia est récemment passé au-dessus du taux Refi. Ce sont ces mêmes tensions qui avaient poussé Mario Draghi a consentir, pour la première fois, début juillet, une perspective temporelle sur l’évolution des taux de la BCE.
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