La relance de la croissance s’invite dans la gestion de crise en zone euro
De mauvais indicateurs économiques avancés au mois d’avril, une Europe du Sud qui s’enfonce dans la récession, des pays du cœur de la zone euro comme les Pays-Bas eux aussi rattrapés par des déficits excessifs… La stratégie d’austérité sans croissance choisie sous l’impulsion de l’Allemagne et la pression des marchés montre ses limites, comme l’ont souligné le FMI la semaine dernière ou George Soros lundi. «Réduire les salaires et les profits pour retrouver de la compétitivité est une politique expansionniste à sens unique qu’il est impossible de reproduire uniformément à l’échelle d’une zone entière», regrettait le financier dans un entretien au Figaro.
La chute du gouvernement néerlandais, meilleur allié de Berlin sur la voie de la rigueur, modifie les termes du débat. Avec les élections en France, «elle pourrait marquer le début d’un changement dans la gestion de la crise en zone euro», estiment les économistes d’ING. «N’oublions pas que les deux pays doivent encore ratifier le nouveau pacte budgétaire», ajoutent-ils. Le traité signé le 2 mars par 25 Etats membres et qui doit être ratifié au minimum par 12 d’entre eux (seul le Portugal l’a voté pour l’instant) a contribué à rassurer les marchés sur la volonté de discipline budgétaire dans la région.
Hier, plusieurs officiels allemands, dont Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances, ont certes rejeté l’appel de François Hollande à renégocier le pacte. La demande du candidat socialiste à l'élection présidentielle française n’est pourtant pas si éloignée de celle des socialistes allemands du SPD, dont le soutien sera essentiel pour le vote du traité au parlement outre-Rhin.
Et pour Gilles Moec, chez Deutsche Bank, «un compromis avec la chancelière Merkel pourrait être trouvé rapidement» en ajoutant un volet croissance au pacte sans toucher à la discipline budgétaire. L’économiste en veut pour preuve le ton conciliant de François Hollande dans un entretien la semaine dernière au Handelsblatt, passé plutôt inaperçu en France.
Reste à savoir ce que pourrait contenir cette initiative de croissance. Le candidat socialiste a déjà évoqué plusieurs pistes dans un discours mi-mars : un rôle accru de la Banque européenne d’investissement et un redéploiement des fonds structurels sans accroissement de leur montant. Il propose aussi le lancement par l’Union européenne de project bonds, pour financer de grands projets dans la région.
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