La régulation post-crise en échec au Royaume Uni et en Italie
La finance aimerait tourner la page de la crise financière qui lui a valu une vague de régulation sans précédent.
Mais au vu de deux chocs récents, on n’en prend pas le chemin.
Primo, après le Brexit, plusieurs fonds immobiliers britanniques incapables de faire face aux demandes de retraits ont dû interdire aux épargnants de retirer leurs avoirs.
Or c’est ce qui s’était passé à l’été 2007 quand des gérants d’actifs s’étaient résignés à cette piteuse mesure, très dommageable pour leur image, la confiance des clients et celle des régulateurs.
Que le régulateur outre-Manche ait pu à nouveau autoriser des fonds aussi mal conçus, dans lesquels des particuliers sont piégés par des actifs illiquides en cas de stress, en dit long sur les carences de son action.
Une fois de plus, la régulation britannique, déjà très défaillante en 2007, est pointée du doigt.
Et les gérants d’actifs de pays voisins redoutent de payer les pots cassés par une nouvelle couche de régulation internationale.
Secundo, le cas de banques italiennes pose un problème aigu.
Pour éviter que les contribuables soient désormais mis à contribution pour renflouer une banque, l’Union vient de se donner à grand peine des règles qui mettent d’abord en risque les actionnaires puis les créanciers.
Or l’état de certaines banques, comme Monte dei Paschi di Siena, est tel que Rome est décidée à injecter de nouveau des fonds publics.
Car c’est la manière la plus sûre d’éviter la ruine de millions d’épargnants chargés de dette bancaire nationale.
Dans les deux cas, l’opinion en déduira que décidément, après huit ans de crise, rien n’a changé dans la finance.
Et qu’il n’est pas temps pour les régulateurs de relâcher leur pression sur elle.
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