La régulation des agences de notation peine à être mise en place
Les agences de notation l’ont appris à leurs dépens: à Bruxelles, un train peut en cacher un autre. La Commission va présenter demain un nouveau projet d’encadrement du secteur alors même que la dernière régulation adoptée il y a deux ans n’est pas définitivement appliquée. «Cela bouge heure par heure mais la production de normes internationales est extrêmement lente», déplorait jeudi le président de l’Autorité des marchés financiers, Jean-Pierre Jouyet, évoquant entre autres le cas des agences.
Au lendemain de la crise des subprimes et après plus d’un an de consultation, les Européens ont adopté un réglement fin 2009. Celui-ci prévoit notamment que les agences rendent publiques leurs méthodologies et gèrent les conflits d’intérêts. «On est passé à une régulation détaillée. Nous avons dû par exemple revoir notre gouvernance et l’organisation de notre groupe en Europe», explique Nigel Phipps, directeur des affaires publiques européennes chez Moody’s.
Ce règlement demande surtout aux agences de s’enregistrer auprès de l’Union pour qu’elles puissent exercer leur activité. Ce n’est qu’au 31 octobre dernier, soit près de deux ans après la publication du règlement que Standard & Poor’s, Fitch et Moody’s ont été accréditées. Il faut dire qu’entre-temps, la régulation a été modifiée pour placer les agences sous la supervision de la nouvelle autorité européenne de régulation des marchés financiers, l’ESMA.
Les agences ne sont pas arrivées pour autant au bout de leurs peines. L’ESMA compte reconnaître les notes produites dans des pays extérieurs à l’Union, seulement si ceux-ci ont une réglementation jugée équivalente «Nous pouvons désormais avaliser les notations qui sont produites au Japon mais l’ESMA n’a pas encore précisé le dispositif pour celles produites dans les autres pays. Nous sommes dans l’attente», explique Nigel Phipps. La réponse devrait être apportée fin avril.
D’ores et déjà, la crise de la dette souveraine a poussé la Commission à relancer l’offensive. Pourtant, certains estiment qu’il n’est pas forcément utile de légiférer de nouveau. «La régulation renforce généralement les barrières à l’entrée. Un encadrement plus strict ne devrait pas résoudre le problème de concentration du marché mais pourrait au contraire le rentre plus inextricable», estime Nicolas Véron, chercheur à l’Institut Bruegel.
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Le dirigeant chinois lui a aussi promis l’achat de 200 «gros» Boeing, a-t-il dit. C’est considérable, mais moindre que la commande de 500 avions monocouloirs 737 MAX et d’une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777) évoquée par la presse depuis des mois. La Chine est un partenaire stratégique et économique primordial pour l’Iran qui lui destine la grande majorité de ses exportations de pétrole. Elle est directement touchée par la quasi-fermeture, sous l’effet des blocus iranien et américain, du détroit d’Ormuz par lequel transite une grande part de ses acquisitions d’hydrocarbures, d’Iran mais aussi d’autres pays du Golfe. L’Iran a annoncé jeudi, en plein sommet pékinois, que ses forces avaient autorisé le passage de plusieurs navires chinois. Washington voudrait voir Pékin user de son influence sur Téhéran pour contribuer à une sortie de crise dans le Golfe. Tout en s’employant diplomatiquement, Pékin a observé jusqu'à présent une grande retenue. «Nation en déclin» C’est l’un des sujets de crispation que le sommet est destiné à atténuer, sinon à dissiper. Ils abondent: Iran donc, Taïwan, relations commerciales, restrictions d’accès aux terres rares et aux semi-conducteurs, intelligence artificielle et propriété intellectuelle... Ils se sont manifestés ouvertement jeudi avec une mise en garde vigoureuse du président chinois quant au risque de «conflit» entre Chine et Etats-Unis au sujet de Taïwan. Les propos de M. Xi ont dominé le premier jour de la visite. La compétition - stratégique, commerciale, technologique - est extensive et la Chine semble miser sur un déclin des Etats-Unis, subtilement évoqué par Xi Jinping lui-même lorsqu’il a cité l’historien de l’Antiquité grecque Thucydide, théoricien du risque de guerre lorsqu’une puissance émergente entre en rivalité avec une puissance dominante. M. Trump a répondu jeudi soir dans un message sur sa plateforme Truth Social. «Le président Xi a fait très élégamment référence aux Etats-Unis comme étant peut-être une nation en déclin», a-t-il dit. Mais selon lui, l’homme fort de Pékin avait à l’esprit les Etats-Unis de son prédécesseur Joe Biden, pas l’Amérique actuelle. «Il y a deux ans, nous étions effectivement une nation en déclin. Aujourd’hui, les Etats-Unis sont le pays le plus génial de la planète», a-t-il dit. «Stabilité constructive» Depuis le retour de M. Trump à la Maison Blanche, Chine et Etats-Unis se sont livré une âpre guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples. MM. Trump et Xi ont conclu une trêve en octobre et, depuis, la Cour suprême américaine a mis à bas les droits de douane généralisés de l’administration Trump. Mais le cessez-le-feu commercial reste exposé à l’instauration de nouvelles surtaxes américaines envisagées par le républicain. Actuellement, l'économie mondiale et la Chine ressentent les effets de la guerre menée par M. Trump avec Israël contre l’Iran. M. Xi a réaffirmé jeudi le vœu chinois de certitude et de prévisibilité dans un monde en proie aux turbulences. Lui et M. Trump se sont entendus pour désigner désormais les rapports sino-américains comme une «relation de stabilité stratégique constructive», selon la diplomatie chinoise. Le président chinois a promis d’ouvrir «toujours plus grand» la Chine aux entreprises étrangères. Avec l’excédent commercial chinois, les pratiques déloyales ou les violations de propriété intellectuelle imputées à la Chine, les obstacles à l’accès au marché chinois sont l’un des grands griefs des Etats-Unis, comme d’autres pays développés, à l’encontre de Pékin. M. Trump a emmené avec lui une importante délégation de grands patrons. 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