La régulation continue d'être vue comme un frein au financement des entreprises
Les représentants de la Place de Paris s’inquiètent toujours du financement des entreprises. Lors d’une conférence organisée par L’Agefi au Palais Brongniart la semaine dernière, ils se sont montrés très soucieux des conséquences futures de la régulation européenne des banques mais aussi des assurances.
Ce n’est pas tant la situation actuelle que l’avenir qui inquiète les professionnels. «Pour l’instant, le secteur bancaire a plutôt les moyens de financer», a fait valoir le directeur général de HSBC France, Jean Beunardeau, assurant qu’il pourrait même faire face à davantage de demandes de crédit. A ses yeux, les PME et les start-up trouvent facilement des aides pour se lancer et grâce à la baisse des taux «le financement des ETI est beaucoup moins cher et beaucoup plus facile qu’il ne l’était avant la crise». En revanche, la réglementation a rendu les crédits longs et risqués beaucoup plus chers.
La réglementation bancaire à venir devrait encore compliquer la situation, selon Pierre de Lauzun, le directeur général délégué de la Fédération Bancaire Française. A ses yeux, le ratio d’absorption des pertes, TLAC, pourrait coûter 15 milliards d’euros aux banques françaises. «Ce sont 15 milliards fichus par la fenêtre, c’est-à-dire 150 milliards de financement en moins toutes choses égales par ailleurs».
Pour soulager les banques, «la question clé est celle de la titrisation», a insisté l’ancien gouverneur de la Banque de France, Jacques de Larosière. A ses yeux, il est cependant indispensable que la régulation de la titrisation, aujourd’hui trop punitive, soit revue, sous peine de voir des acteurs non régulés s’investir de plus en plus dans ce secteur.
Un avis largement partagé par l’adjoint au directeur général des opérations de la Banque de France, François Haas, pour qui le cadre réglementaire de la titrisation «n’est pas définitif. Dieu Merci». Et de souligner l’intérêt du programme d’achat d’ABS de la Banque centrale européenne (BCE) ou encore les efforts exigés par celle-ci pour assurer la transparence des prêts sous-jacents aux titrisations.
Le directeur général de Generali France, Eric Lombard, a pour sa part mis en garde contre les effets sur le financement de l’économie de Solvabilité 2 qui va pousser les assureurs à se désengager des actions et des obligations d’entreprises. «Les responsables européens n’ont, semble-t-il, pas compris la gravité du problème», a-t-il déploré.
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