La réforme fiscale américaine devra être peaufinée
La réforme de la fiscalité américaine présentée hier soir comme «l’une des plus importantes» de l’histoire du pays n’a pas convaincu les observateurs. Le taux d’imposition des grandes entreprises américaines passera de 35% à 15%, ce qui en ferait l’un des plus bas des pays de l’OCDE. Celui des PME et des sociétés individuelles passera de 39,6% à 15% également.
«Notre objectif est de rendre les entreprises américaines les plus compétitives au monde», a déclaré le secrétaire au Trésor Steve Mnuchin qui présentait cette réforme aux côtés de Gary Cohn, principal conseiller économique de Donald Trump. Les taux d’imposition appliqués aux ménages seront de 10%, 25% et 35% (contre sept tranches actuellement), la déduction forfaitaire dont ils bénéficient sera doublée et les droits de succession sur les biens immobiliers seront supprimés.
La réforme proposée «manque de détails, elle ressemble davantage à une promesse de campagne électorale», juge Richard Gilhooly, stratégiste chez CIBC World Markets. Nicholas Colas, responsable de la stratégie de marchés chez Convergex, regrette que cette conférence de presse n’ait apporté «aucune précision sur l'élément le plus important, à savoir la promesse de baisser l’imposition des bénéfices rapatriés de l'étranger aux Etats-Unis». Steve Mnuchin a simplement indiqué que Donald Trump était favorable à ce que les multinationales puissent rapatrier ces bénéfices à un taux bien inférieur aux 35% actuels. Le montant de ces bénéfices conservés à l'étranger est estimé à 2.600 milliards de dollars (2.385 milliards d’euros).
Ce projet de réforme, qui devra être soumis au Congrès pour approbation, risque de subir des modifications en raison des divisions entre le parti républicain et l’opposition démocrate, mais aussi au sein même des républicains hostiles à un alourdissement du déficit public. Les mesures présentées ne fournissent en effet aucune piste sur les recettes fiscales supplémentaires pour compenser les baisses d’impôts prévues. Le président de la Chambre des représentants, le républicain Paul Ryan, partisan de longue date d’une réforme fiscale, s’est dit optimiste sur ses chances d’aboutir malgré l’abandon du projet de «taxe aux frontières». Chuck Schumer, chef de file des démocrates au Sénat, a de son côté dénoncé un cadeau qui «profitera essentiellement aux gens et aux entreprises comme celles de [Donald] Trump».
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