La réforme européenne des marchés s’enlise au Conseil des ministres
Vendredi, le Parlement européen a pris date en confirmant, en plénière et à la quasi-unanimité (495 voix sur 534 députés votants), les compromis scellés en commission des affaires économiques et monétaires au début du mois par le rapporteur Markus Ferber sur la révision de la directive MIF. Ce vote accroît le décalage entre les deux législateurs à la fois sur le fond et sur l’état d’avancement des débats.
Au Conseil des ministres, la discussion piétine. Le sujet a été retiré de l’ordre du jour d’une réunion des ambassadeurs ce mercredi. La présidence chypriote qui avait l’intention de provoquer un débat au niveau ministériel le 13 novembre pourrait reculer. Le sujet ne reviendra donc qu’en janvier ou février sur la table des ministres, au plus tôt. «Les vraies urgences sont l’union bancaire et la CRD4», la législation bancaire, note une source européenne.
Sur le fond toutefois, on est très loin d’un accord. Le Royaume-Uni soutient des positions opposées à la France et à l’Allemagne sur les questions de transparence et de structures de marché qui sont au centre du texte. Paris juge même la position du Parlement européen, pourtant plus restrictif que la Commission sur les organized trading venues (réservées aux dérivés et interdites aux actions, interdites d’utilisation pour le trading pour compte propre), trop timide, et souhaiterait encadrer plus strictement ces nouvelles structures de marché. La France entend aussi rétablir la transparence pre-trade pour les internalisateurs systématiques que le rapport Ferber a fortement allégée pour satisfaire une demande des élus conservateurs britanniques.
En revanche, la position française sur l’accès aux chambres de compensation reste ouverte, alors que Berlin se montre satisfait de l’option retenue à l’initiative de Markus Ferber. Celle-ci limite aux actions l’ouverture des services de compensation à la concurrence et protège donc la position d’Eurex dans les dérivés.
Les Bourses sont plutôt satisfaites du vote des eurodéputés. «Le vote du parlement est un grand pas en avant pour la stabilité financière, la transparence et une réglementation efficace», estimait vendredi Mark McGann, vice-président de Nyse Euronext. Les infrastructures préfèrent un débat législatif qui se prolonge au conseil plutôt qu’un compromis trop proche des positions anglaises jugées favorables aux banques.
Plus d'articles du même thème
-
Nicolas Namias est renouvelé à la tête de BPCE
Le conseil de surveillance a renouvelé le mandat du président du directoire de BPCE pour quatre ans à l'unanimité. -
Kerialis a confié la gestion de son portefeuille de retraite à Sienna et Axa
Le fonds de retraite professionnelle supplémentaire des salariés des cabinets d'avocats met fin à une délégation de gestion de vingt ans confiée à Axa et a sélectionné deux mandataires pour gérer en direct un portefeuille de 1,37 milliard d'euros. -
L'AFG promeut dans un livre blanc la retraite supplémentaire par capitalisation
A l'occasion du Paris Finance Forum organisé ce 9 juin par Paris Europlace, Philippe Setbon, le président de l'association professionnelle, a annoncé la sortie d'un livre blanc promouvant ce régime pour relancer le débat à un an de l'élection présidentielle. -
Rubis contient les nouvelles ambitions d’un actionnaire activiste
Le premier investisseur du spécialiste de la distribution de produits pétroliers n’est pas parvenu à ses fins lors de l’assemblée générale du groupe. -
La Banque du Canada laisse son taux inchangé à 2,25%
Alors que le PIB s’est contracté au premier trimestre, le comité de politique monétaire canadien considère que l’inflation à 2,8% n’est que temporaire, ce qui ne nécessite pas d’intervenir sur les taux. -
Alstom verdit son financement avec une nouvelle obligation hybride
L’émission de 700 millions d’euros conforte, pour l’heure, la notation prisée de l’émetteur en catégorie investisseurs.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
Contenu de nos partenaires
-
Souffler sur les braisesViolences à Belfast : pourquoi les émeutes éclatent si vite au Royaume-Uni
De violentes manifestations anti-immigrés ont éclaté mardi soir dans la capitale de l'Irlande du Nord, après une attaque au couteau attribuée à un ressortissant soudanais -
Voix basseAffaire Lyhanna : pourquoi le RN choisit la retenue
D'ordinaire prompt à s'emparer des faits divers pour imposer ses thèmes de prédilection, le RN réagit avec davantage de retenue à l'affaire Lyhanna. Et mise moins sur la surenchère que sur la dénonciation d'une faillite globale de l'Etat -
« Une célébrité surcotée » : Anthropic publie une version sécurisée de Mythos, son IA surpuissante
Anthropic dévoile une version bridée de son IA ultra puissante. Une annonce retentissante qui sert une stratégie de communication bien huilée : l’accès au public est en fait bordé par des tarifs dissuasifs et des garde-fous stricts