La réforme des commissions de courtage change le paysage de l’analyse financière
Les règles européennes de facturation de l’analyse financière qui pourraient s’imposer à partir de 2017 risquent de modifier profondément le paysage de l’industrie. Tel est le constat dressé par les professionnels de la finance lors du salon TradeTech qui s’est ouvert à La Défense hier.
«Inévitablement, nous allons voir qu’il y aura moins d’analyse financière produite, a déclaré Richard Semark, directeur exécutif et responsable de la négociation client et de l’exécution chez UBS. Nous devrions voir une concentration de cette production». A ses yeux, ce mouvement de consolidation devrait toucher les grands acteurs internationaux de l’analyse financière tandis que les acteurs de «niche» devraient se multiplier. Ces changements, qui devraient aussi affecter le milieu de l’exécution, se feraient aux dépens des acteurs moyens.
«Cela devient difficile de rester coincé au milieu [entre ces deux grands types d’acteurs]», estime Jürgen Verschaeve, responsable de l’investissement et directeur exécutif chez KBC Asset Management. Celui-ci défend les vertus de la séparation des budgets de recherche et d’exécution, en signalant que cela avait abouti chez KBC à une baisse des budgets de recherche.
L’Autorité européenne de régulation des marchés financiers, l’Esma, a créé la surprise l’année dernière en s’attaquant à la question de la facturation de l’analyse financière dans les textes techniques de mise en œuvre de la réforme des marchés MIF 2. Alors qu’aujourd’hui les frais d’analyse financière sont souvent liés aux frais d’exécution et répercutés aux clients finaux par les gestionnaires de portefeuille, l’Esma s’inquiète des conflits d’intérêts créés par ce modèle. A la fin de l’année dernière, elle a proposé à la Commission d’obliger les gérants à payer eux-mêmes l’analyse financière ou à assurer que les frais de recherche sont complètement distincts des frais et des volumes d’exécution. Plus précisément, l’Esma souhaite que les gérants déterminent avec l’accord de leurs clients un budget de recherche ex-ante et contrôlent l’utilité de la recherche fournie.
Si ces conditions ne sont pas respectées, l’analyse financière pourrait être considérée comme un avantage (inducement), interdit aux gérants de portefeuille. La Commission doit préciser sa position sur les propositions de l’Esma d’ici à l’été après avoir consulté le Parlement européen et le Conseil. La directive MIF 2 s’appliquera à partir de janvier 2017.
Plus d'articles du même thème
-
Les grandes banques espagnoles s'allient contre la fraude financière
Santander, BBVA et CaixaBank ont fondé ensemble FrauDfense, qui vient de lancer son premier service opérationnel et ouvre désormais ses portes à l'ensemble du secteur financier espagnol. -
Eiffel Investment Group vise 1 milliard d'euros pour son troisième millésime de dette privée à impact
Pionnier de la stratégie de dette privée à impact en Europe, Eiffel Investment Group a déjà réuni plus de 500 millions d'euros d'engagements pour son troisième millésime, qui cible un montant final près de 30 % supérieur au précédent véhicule. -
Norwegian élargit ses activités au secteur du tourisme
La compagnie à bas prix va s’emparer de Nordic Leisure Travel Group pour environ 728 millions d’euros, ce qui donnera naissance à un groupe intégré verticalement. -
SpaceX rachète Cursor pour 60 milliards de dollars
Le groupe d’Elon Musk a annoncé mardi le rachat du spécialiste de l’intelligence artificielle pour le codage informatique, quelques jours après sa propre introduction en Bourse. -
Les investisseurs allemands misent déjà sur l'après-guerre
Porté par l'espoir d'une fin prochaine du conflit en Iran et d'un reflux des prix de l'énergie, l'indice ZEW a fortement rebondi en juin, repassant en territoire positif. -
Le gouvernement annonce 655 millions d’euros d’investissements supplémentaires dans l’IA
Dans le même temps que cette annonce, le renseignement intérieur français (DGSI) a décidé de rompre son contrat avec le controversé géant américain de l'analyse de données Palantir pour retenir la société tricolore ChapsVision.
ETF à la Une
Tom Stephens (Schroders) : « L’écosystème ETF, la gestion active et la construction de portefeuille moderne convergent fortement »
- Marc Riez (Vega IS) : «Nous avons engagé des discussions avec Novobanco au Portugal»
- L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
- Le régulateur américain veut encadrer les marchés de prédictions ciblés par les hedge funds
- Ethos hausse le ton et exclut toute entreprise engageant de nouveaux projets pétroliers ou gaziers
- L'AFG promeut dans un livre blanc la retraite supplémentaire par capitalisation
Contenu de nos partenaires
-
« L’État ne financera plus l’immobilisme » : le grand plan IA de Sébastien Lecornu pour les administrations françaises
Le Premier ministre souhaite généraliser l’usage de l’intelligence artificielle dans les services publics pour simplifier les démarches des Français et augmenter l'efficacité des agents. -
Juste une illusion
Avec ses assiettes trompe-l’œil, Dior Maison rend hommage à cette technique du XVIIIe siècle, chère à Jonathan Anderson, le directeur artistique de la Maison. -
#DigitalCitizenAnthropic dans les cordes, l’Europe au tapis
Potentiellement privée des meilleurs modèles d’Intelligence artificielle, l’Europe se retrouve face à une rupture de compétitivité supplémentaire et majeure