La réforme de l’EFSF est suspendue aux progrès de la gouvernance économique
Berlin veut obtenir des engagements de ses partenaires européens en matière de compétitivité avant de lâcher un tant soit peu de lest sur la Facilité européenne de stabilisation de l’euro (EFSF). C’est le sens de la discussion qui aura lieu aujourd’hui à Bruxelles entre chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-Sept au sujet d’un «pacte de compétitivité» dont l’esquisse a été dévoilée ces derniers jours par Berlin. Ce pacte comprend des éléments d’harmonisation partielle fiscale (TVA) et sociale.
S’il fait partie d’un «paquet global» annoncé en décembre pour la fin du mois de mars, il ne pourra vraiment être négocié qu’entre membres de la zone euro. C’est pourquoi Paris et Berlin aimeraient convoquer un sommet de la zone euro début mars. «Nous devons nous poser la question de comment nous rapprocher les uns des autres», a déclaré hier la chancelière Angela Merkel en visite à Madrid.
Dans ces conditions les discussions sur les instruments d’intervention de l’EFSF ne peuvent aboutir dans l’immédiat. Mais elles se poursuivent. En vertu de son mandat, la facilité ne peut actuellement que prêter directement dans le cadre d’opérations de sauvetage de «dernier recours». Parmi les changements envisagés figure notamment le financement d’opérations de rachat, par un pays émetteur, de sa dette sur le marché secondaire. Des sources proches du dossier citées par Reuters indiquaient hier qu’une telle restructuration pourrait commencer, dans le cas de la Grèce, dès le second semestre de 2011. «Des rachats impliqueraient de retirer des obligations ou de les échanger. Les Grecs pourraient aussi essayer de s’entendre avec les créditeurs pour réduire le coupon et étendre la maturité», indiquait une de ces sources.
La pression est d’autant plus grande pour aboutir à une solution que plus la restructuration de la dette grecque sera tardive, plus elle sera supportée par les créanciers publics, Athènes ne se refinançant plus désormais que grâce à l’EFSF. Or dans l’équation politique du gouvernement allemand, la contribution du secteur privé en cas de défaillance d’un souverain est centrale.
Le «paquet global» comprend les tests de résistance des banques, l’éventuelle révision des conditions faites à l’Irlande, les cas grec et portugais, la réforme de la gouvernance et, enfin, les nouveaux projets sur la coordination fiscale et sociale. L’échéance fixée pour arriver à un accord à Vingt-Sept reste le sommet du 24 et 25 mars.
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