La réforme britannique des commissions de courtage préoccupe les brokers

Ils réfléchissent à de nouvelles offres alors que la FCA empêche d’inclure dans les commissions les coûts des services d’accès aux entreprises
Solenn Poullennec

La réforme britannique des commissions de courtage pousse les courtiers de la Place à réfléchir à de nouvelles offres. Censée garantir que les investisseurs finaux ne payent, en plus de l’exécution de leurs ordres, que de la recherche de qualité, elle est en revanche accueillie plutôt sereinement par les gérants français.

Le régulateur britannique (FCA) exige depuis le 2 juin dernier que seuls les frais de «recherche substantielle» soient inclus, avec les frais d’exécution, dans les commissions de courtage répercutées aux clients des gérants. Les services d’accès aux entreprises (corporate access), sans être interdits, ne peuvent plus être intégrés dans ces commissions.

Si c’est aux gérants de veiller au bon respect de ces principes, la réforme préoccupe les brokers qui organisent des rencontres entre émetteurs et investisseurs. «Nous allons renforcer le contenu ‘recherche’ de nos services de corporate access», explique Bénédicte Thibord, responsable de ces services et du marketing chez Kepler Chevreux. A ses yeux, les gérants vont devenir plus sélectifs pour que la FCA ne leur reproche pas de payer, via les commissions, des services autres que la recherche substantielle: «Je pense qu’ils vont privilégier les formats à valeur ajoutée comme les conférences ou les voyages de terrain au détriment de formats plus simples comme les roadshows post-résultats.»

«Tout le marché va se focaliser sur des accès aux experts, des roadshows différenciés et des conférences », ajoute Matthias Desmarais, responsable de la recherche actions chez Oddo Securities. «C’est une part importante du business des brokers qu’on est en train de changer. On sait que c’est potentiellement négatif pour l’industrie mais on est encore dans une zone de flou qu’il va falloir clarifier», estime-t-il.

Les gérants se disent sereins. «A priori, les conséquences ne sont pas dramatiques pour la gestion», assure Eric Pagniez, à l’Association française de gestion financière. Même si le système britannique lui semble un peu plus compliqué qu’en France, «fondamentalement, je ne pense pas que ce soit une révolution», ajoute Frédéric Bompaire, responsable des affaires publiques chez Amundi. Il faut dire que le groupe ne paye pas de corporate access.

La réforme est en revanche bien vue par certains des acteurs de la recherche indépendante. «Elle va permettre de rééquilibrer les forces entre recherche indépendante et recherche brokers», indique Maxime Mathon chez Alphavalue.

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