La réforme bancaire en France embrassera un champ large
Un gros paquet législatif attend les banques françaises au premier trimestre 2013. Matignon a indiqué hier que le projet de loi de réforme bancaire serait présenté le 19 décembre en conseil des ministres, ce qui laisse attendre un vote en début d’année prochaine. Le Conseil d’Etat devrait donc être saisi dès la deuxième quinzaine de novembre d’un texte qui ira bien au-delà de la séparation des activités à risque, selon des sources proches du dossier.
La question du recentrage des banques sur le «financement de l’économie réelle» restera au cœur du projet. Paris n’attendra pas que le rapport Liikanen, publié en octobre, débouche sur une éventuelle proposition législative à Bruxelles. Mais la formule retenue devrait être moins restrictive que celle du Finlandais, la consultation de place menée cet été par le Trésor ayant abouti à un consensus en faveur du modèle de banque universelle à la française.
Le rapport Liikanen propose une définition large des activités de gros que les banques pourraient avoir à filialiser, en y incluant l’ensemble de la tenue de marché (market making). Le projet français devrait, lui, prévoir des exceptions. «Il aura le mérite d’établir, sur le plan des principes, ce qu’est le market making», souligne une source ayant pris part aux discussions sur les éléments du texte.
Le deuxième volet du projet concernera la résolution bancaire en cas de crise. Là non plus, Paris n’attendra pas Bruxelles. Dexia, et plus récemment le Crédit immobilier de France (CIF), auraient convaincu les pouvoirs publics que les textes actuels sont mal adaptés. Les questions du dépeçage d’un établissement en difficulté, de la participation d’un fonds de garantie, voire des créanciers juniors, seront abordées. Pas question, en revanche, de solliciter les créanciers seniors. «Le texte ne comprendra aucune mesure qui pourrait menacer le refinancement des banques françaises», explique la source.
La réforme bancaire comprendra aussi un volet consacré à la banque de détail, avec notamment une nouvelle réforme du crédit à la consommation que Benoît Hamon, ministre délégué à l’Economie sociale, a déjà promise. Enfin, le texte pourrait se pencher sur la rémunération des dirigeants de banque, là encore, pour tirer les leçons du dossier CIF, dont l’ex-président est parti avec des indemnités contrairement au vœu de Bercy. Le gouvernement pourrait ainsi donner des gages à sa majorité parlementaire.
Plus d'articles du même thème
-
L’ampleur du plan allemand peine à convaincre les économistes
Le paquet de 34 réformes annoncées jeudi 2 juillet va de la fiscalité au marché du travail en passant par la compétitivité, l’Etat social et la réduction de la bureaucratie. Promis depuis l’automne 2025, il est avant tout destiné à prouver aux Allemands que le gouvernement de Friedrich Merz peut agir et se mettre d’accord sans susciter de querelles internes. Certains aspects positifs pourraient cependant être contrebalancés par d’autres décisions à venir. -
Thales fait parler les synergies pour emporter Exail
Trois jours à peine après l'abandon des discussions entre Safran et Exail, Thales a signé un accord avec le groupe Gorgé en vue d'acquérir le spécialiste de la robotique. Pour les marchés, la logique industrielle semble mieux respectée. -
Le marché primaire high yield frôle l’indigestion
Deux émissions de CPI Property et d’HelloFresh ont été difficilement placées. Le marché est cher et laisse peu de place aux situations les plus limites, quel que soit le prix, surtout après une vague massive d’émissions au cours des deux derniers mois. Les investisseurs se veulent disciplinés et prudents. -
Sky et ITV réunissent leurs forces face aux géants mondiaux du streaming
La filiale de Comcast déboursera jusqu’à 1,6 milliard de livres pour le rachat d’ITV Media and Entertainment. Le nouvel ensemble pèsera 20% de l’audience britannique, derrière la BBC et devant YouTube. -
BCPE pousse les feux sur son offre crypto pour attirer les jeunes
Hexarq, l'offre de trading de cryptoactifs de BPCE, est désormais déployée dans la plupart des Caisses d'Epargne et des Banques Populaires. Son modèle tarifaire évolue pour cibler les plus jeunes. -
La zone franche de Shanghai devient une place majeure de l’internationalisation du yuan
Alors que la Banque Populaire de Chine vient de prendre de nouvelles mesures pour favoriser l’utilisation du yuan à l’international, les échanges via Shanghai sont déjà en hausse et devraient permettre le rapprochement entre yuan onshore et offshore.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- BlackRock remporte un mandat de 10 milliards d'euros
- LBP AM transfère la gestion de ses opérations de Natixis IM OS vers Alto
- Perpetual rejette une offre de rachat de 1,7 milliard de dollars d'EQT
- Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
Contenu de nos partenaires
-
Menace, pardon et unité : Jordan Bardella au défi du rassemblement
A la veille de la décision de la cour d'appel de Paris qui pourrait faire de lui le candidat du RN à l'Elysée, Jordan Bardella soigne son image de rassembleur. Il multiplie les gestes envers les différentes sensibilités du parti, mais ne parvient pas à dissiper les craintes d'une purge -
Stop ou encoreMarine Le Pen, le jugement dernier
La cour d'appel tranche ce mardi si Marine Le Pen peut briguer l’Elysée ou si Jordan Bardella défendra les couleurs du RN. Deux années de sursis ont déjà bouleversé le parti : quel rôle pour leur cheffe si elle n'est plus la candidate ? -
Coup de têteMotion de censure : Olivier Faure, la solitude du frondeur
Il y a six mois, le premier secrétaire du PS avait choisi de ne pas censurer Sébastien Lecornu sur le budget, contre l’avis des siens. Aujourd’hui, il fait le choix inverse, là encore à rebours de la majorité de son groupe, pour ne pas couper les ponts avec des écologistes de plus en plus tentés par Jean-Luc Mélenchon