La récession se rappelle au bon souvenir des marchés
Retour sur terre. Après l’effervescence suscitée par le sommet du G20 du 2 avril, du moins en Europe continentale, les statistiques économiques publiées vendredi sont venues rappeler la dure réalité de la récession. La plus attendue était celle du chômage américain, qui reflète, comme on s’y attendait, une nouvelle poussée du nombre de demandeurs d’emploi outre-Atlantique.
En mars, l’économie américaine a détruit 663.000 emplois, ce qui constitue le quatrième mois consécutif de baisse supérieure à 600.000 emplois. Et comme il en a coutume, le département du Travail a revu à la hausse ses statistiques des mois précédents, en comptabilisant 86.000 suppressions d’emplois de plus sur janvier et février. Depuis novembre, le taux de chômage américain est donc passé de 6,8 % à 8,5 %, à une vitesse inconnue depuis 1975.
Les marchés financiers ont cependant peu réagi à la nouvelle, semblant s’être faits à l’idée que les mois à venir seront encore très durs sur le front de l’emploi. Le sentiment des intervenants s’est d’ailleurs plutôt nourri, la semaine dernière, de l’idée que la crise de tétanie liée à la faillite de Lehman en septembre prenait fin. En zone euro, la publication vendredi d’indices PMI des services meilleurs que prévus pour le mois de mars, à 40,9 points, et en hausse de deux points sur un mois, laisse aussi espérer que l’on a touché le fond. Pour autant, les indicateurs avancés restent à des niveaux historiquement faibles, et bien en dessous du niveau des 50 points qui sépare contraction et progression de l’activité. A ce rythme, la sortie de récession risque de prendre encore quelques trimestres.
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