La récession russe commence à se matérialiser dans les chiffres
Le PIB a plié de 0,5% en novembre d’une année sur l’autre, selon le ministère de l’Economie. Une première depuis octobre 2009.
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La Rédaction
La récession russe commence à se matérialiser dans les chiffres officiels. Le ministère de l’Economie a annoncé lundi dans ses prévisions mensuelles que le produit intérieur brut de la Russie s’était contracté de 0,5% sur un an en novembre 2014. Il s’agit du premier recul significatif du PIB d’une année sur l’autre depuis octobre 2009. Par rapport à octobre, le PIB a diminué de 0,2%, après une croissance de 0,1% le mois précédent.
Le ministère de l’Economie russe invoque le net ralentissement subi par l’industrie de transformation, ainsi que des baisses d’activité dans la construction, le commerce de gros et l’agriculture. La publication du chiffre a relancé les pressions vendeuses sur le rouble. Lundi, en fin de journée, il cédait un peu plus de 6% contre le dollar juste au-dessus des 57, dans un marché toutefois relativement étroit. Il reste encore assez éloigné du plus bas touché mi-décembre à 80 roubles pour un dollar.
Officiellement, le gouvernement russe reste sur ses dernières prévisions à savoir une baisse de 0,8% du PIB en 2015 après une croissance de 0,6% cette année. Mais les chiffres officiels pour le quatrième trimestre, qui seront publiés par l’institut Rosstat fin janvier-début février, risquent de révéler une dégradation encore plus marquée de l’économie russe. Publié lundi, l’indice HSBC des directeurs d’achat du secteur manufacturier, qui représente environ 16% de l'économie russe, est tombé à 48,9 en décembre, sous la barre des 50 séparant contraction et croissance de l’activité. Il était de 51,7 en novembre et n’avait pas franchi ce seuil des 50 depuis six mois.
La semaine dernière, le ministère des Finances et la banque centrale russe ont reconnu que la chute du PIB pourrait dépasser 4% en 2015 si le baril de pétrole se maintenait autour de 60 dollars. Le déficit budgétaire dépasserait ainsi 3% l’an prochain.
Pour l’instant, au-delà de la spectaculaire remontée des taux de la banque centrale, le gouvernement s’est surtout affairé pour soutenir le secteur bancaire. Un plan de recapitalisation des banques a été adopté avant Noël. La liste des établissements concernés doit être rendue publique d’ici au 15 janvier.
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