La récession italienne accroît l’urgence d’une intervention en zone euro
L'économie italienne s’est contractée plus que
prévu au deuxième trimestre, selon les chiffres préliminaires publiés ce mardi
par l’agence nationale des statistiques, compliquant les efforts de réduction
du déficit du gouvernement de Mario Monti.
Le produit intérieur brut (PIB)
italien a reculé de 0,7%, affichant son quatrième trimestre consécutif de récession. En rythme annuel, le repli du
PIB italien ressort à 2,5%, sa plus forte chute depuis fin 2009. Les mesures d’austérité mises en oeuvre Mario Monti depuis fin 2011, à hauteur de 20
milliards d’euros, consistent pour l’essentiel en hausses d’impôts et minent le
moral des consommateurs.
Les indicateurs qui viennent d’être
publiés sont une mauvaise nouvelle pour le président du Conseil qui vise une
réduction du déficit budgétaire à 0,1% du PIB en 2014. La récession va inéluctablement se traduire
par une diminution des revenus fiscaux et une baisse de l’emploi et de la consommation. Des
analystes interrogés par Reuters ont évalué le déficit public à 2,3% du PIB
pour 2012 et 1,3% pour 2013, alors que les prévisions gouvernementales sont
respectivement de 1,7% et 0,5%. Les investisseurs doutent de plus en plus de la
capacité de l’Italie à réduire sa dette publique (environ 123% du PIB), alors
que ses coûts d’emprunts sur les marchés tutoient le seuil de 6%, un niveau
jugé insoutenable à long terme.
La panne économique italienne s’inscrit dans un
paysage européen particulièrement morose. Selon les prévisions de Bank of America Merrill Lynch, sept pays devraient terminer l’année en récession, la zone euro dans son ensemble risquant de ne pas échapper à ce sort avec une prévision de -0,7%. Outre l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Grèce, la Belgique, l’Irlande et les Pays-Bas devraient voir leur activité se contracter en 2012. En Espagne, le chef du gouvernement,
Mariano Rajoy, a admis vendredi de manière implicite et pour la première fois
que Madrid pourrait solliciter une aide européenne, mais pas avant d’en
connaître les conditions ainsi que les mesures envisagées en parallèle par la
Banque centrale européenne (BCE). «Je ferai, comme je l’ai toujours fait,
ce que je crois être dans l’intérêt du peuple espagnol», a déclaré Mariano
Rajoy. «On ne peut pas être chef du gouvernement et penser à autre
chose.»
Autre membre de la zone euro en grande difficulté,
la Grèce continue de jouer son avenir parmi les 17. Une sortie de l’Etat
hellène de la zone euro « serait gérable mais cela ne veut pas dire
qu’elle est souhaitable, parce qu’il y aurait beaucoup de risques associés pour
la population en Grèce», a déclaré mardi le président de l’Eurogroupe,
Jean-Claude Juncker, lors d’un entretien à la chaîne de télévision allemande
WDR, et publié par le site du gouvernement luxembourgeois. Prié de dire s’il
excluait catégoriquement une sortie de la Grèce de la zone euro, Jean-Claude
Juncker, également Premier ministre luxembourgeois, a répondu : «Au moins
jusqu'à la fin de l’automne. Et après cela également».
Confrontés à la pire crise de sa courte histoire,
les dirigeants de la zone euro ont apporté, sous la pression des marchés, des éléments de réponse
à l’urgence de la situation. Jeudi, le président de la BCE, Mario
Draghi, a confirmé la possibilité d’une intervention sur le marché de la dette
souveraine, mais sous condition. Le pays aidé devra satisfaire un certain
nombre d’objectifs budgétaires, de réformes structurelles et institutionnels
pour être éligible au FESF (Fond européen de stabilité financière) ou plus tard
au MES (Mécanisme européen de stabilité). Le FESF interviendrait sur le
marché primaire et la BCE sur le marché secondaire. Enfin la BCE interviendra sur la partie courte de la courbe. Mais pour l’heure aucun montant ni aucun calendrier n’ont été annoncés.
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