La récession en zone euro met en doute les trajectoires budgétaires
La France pourra-t-elle encore maintenir longtemps sa feuille de route budgétaire sans revoir ses ambitions à la baisse ? Les dernières statistiques provisoires publiées par le ministère de l’Economie montrent que le déficit budgétaire français s’est creusé de 6,2 milliards d’euros en novembre dernier par rapport à la même période de 2011 pour s’établir à 103,4 milliards d’euros. Les chiffres définitifs seront connus en mars.
Pour l’ensemble de 2012, le déficit devrait atteindre 87,2 milliards d’euros soit un milliard de plus que prévu dans la loi de Finances rectificative pour 2012. Cet écart s’explique par le ralentissement économique qui a pesé sur les recettes de TVA, celles-ci étant de 3,3 milliards inférieures à la prévision initiale. Malgré tout, le gouvernement campe sur son objectif de déficit public de 4,5% du PIB en 2012. Mais pour certains économistes ces dernières statistiques viennent compromettre une trajectoire budgétaire déjà mise en doute.
Julien Manceaux économiste chez ING considère qu’il y a un risque que l’objectif de déficit de 4,5% pour 2012 ne soit pas atteint. Selon lui, cela rend quasi impossible la réalisation de l’objectif de déficit de 3,5% anticipé par l’OCDE pour la France en 2013, le gouvernement visant quant à lui 3% à cette échéance. Il ajoute que les dernières données montrent combien il sera difficile de maintenir la France dans les pays cœur de la zone euro. Philippe Gudin, économiste chez Barclays est plus clément, et table sur un déficit de 4,6% en 2012, et de 3,3% pour 2013. Il juge les chiffres sur le déficit plutôt bons au vu de la fragilité de l’activité économique. Avec une croissance atone en 2012, la plupart des analystes estiment que l’objectif d’une croissance à 0,8% pour 2012 est peu crédible.
Même l’Allemagne revoit ses ambitions à la baisse. Selon des informations de presse, Berlin s’apprêterait à diviser par deux sa prévision de croissance pour 2013 à 0,4% voire 0,5%. L’économie allemande a reculé plus que prévu au quatrième trimestre avec un PIB en repli de 0,5% (0,3% ajusté des variations saisonnières). En 2012, la croissance s’est limitée à 0,7%, et à 0,9 % en données ajustées, selon l’Office fédéral de la statistique. «L’économie allemande n’est peut-être plus le paradis qu’elle a été dernièrement mais elle reste néanmoins un îlot de croissance dans l’océan de récession qui a submergé la zone euro», tempère Carsten Brzeski, économiste chez ING.
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