La récession devrait se poursuivre en Espagne sous l’effet des mesures d’austérité

Certaines des décisions annoncées début juillet par le gouvernement de Mariano Rajoy n’ont pas encore été mises en œuvre
Solenn Poullennec

Alors que l’Espagne a du mal à se financer à bon compte sur les marchés et est en pleine restructuration de son secteur bancaire, la récession économique s’amplifie. La croissance du PIB du pays est ressortie à -0,4% au deuxième trimestre (sur trois mois), contre -0,3% lors des deux trimestres précédents. Le recul de l’activité devrait se prolonger en 2013 car le gouvernement a adopté des mesures d’austérité draconiennes pour atteindre les objectifs de déficit fixés par Bruxelles.

Le détail de l’évolution de l’activité n’est pas encore connu, mais pour les économistes il ne fait guère de doute que c’est le recul de la demande domestique qui a tiré le PIB vers le bas. «Nous nous attendons à une augmentation du rythme de contraction dans les trimestres à venir alors que les mesures d’austérité devraient se faire sentir avec plus d’acuité», assure Ricardo Santos, économiste chez BNP Paribas.

Ainsi, l’augmentation de la TVA, de 18% à 21% pour le taux standard et de 8 à 10% pour le taux réduit ne prendra effet qu’en septembre prochain. Et ce n’est qu’une des nombreuses mesures adoptées début juillet qui représentent un effort de 2% du PIB pour la période 2012-2014. Le gouvernement de Mariano Rajoy a aussi suspendu cette année la prime de décembre des fonctionnaires, qui représente presque un mois de salaire, et baissé l’indemnisation chômage après six mois de 60% à 50% du salaire. Le taux de chômage est passé à 24,6% au second trimestre et il est supérieur à 50% pour les jeunes.

Selon le rapport du Fonds monétaire international sur le pays, publié le 27 juillet, la croissance devrait reculer de 1,7% cette année. Mesures d’austérité et restructuration des banques aidant, elle devrait aussi baisser de 1,2% en 2013, soit deux fois plus que prévu il y a encore un mois. Le fonds estime cependant que les mesures prises par le gouvernement, notamment la réforme du marché du travail, vont dans la bonne direction.

Le Conseil européen a donné un an de plus au pays pour ramener son déficit en dessous des 3%, à 2,8% en 2014. Le déficit est censé être de 6,3% cette année et de 4,5% en 2013. Le FMI estime qu’après avoir laissé largement déraper son déficit, faute de maîtriser les finances de ses régions autonomes en 2011, l’Espagne devrait respecter ses engagements budgétaires en 2012 et 2013. En revanche, elle risque d’avoir encore à se serrer la ceinture en 2014.

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