« La récente appréciation du yen est difficile à justifier »
Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC
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Laure Closier
L’Agefi: Vous faites partie des optimistes sur le dollar / yen avec une prévision à trois mois à 90. Quels sont les éléments qui vous font penser à une baisse de la monnaie nippone ?
Jean-Louis Mourier :La récente appréciation du yen est difficile à justifier sur la base des fondamentaux économiques. Certes, l’incertitude reste forte sur la conjoncture économique mondiale, notamment en raison d’un manque de visibilité sur les perspectives américaines. L’économie japonaise n’est toutefois pas en meilleure forme que son homologue américaine. Les statistiques nippones sont mitigées et l’appréciation rapide du yen constitue un handicap supplémentaire. La «menace» de la Fed de nouvelles mesures de soutien pèse sur le dollar, mais la BoJ est dans le même état d’esprit. De plus, la mise en œuvre de ces mesures de la part de la Fed est tout sauf certaine: elle est conditionnée à une dégradation supplémentaire de l’activité, sachant que cette annonce est intervenue après les «mauvaises» publications de l’été…
Pourquoi envisagez-vous une hausse de la livre ?
La principale raison d’une tendance à l’appréciation de la livre ces prochains mois, notamment face à l’euro, est que l’économie britannique est dans un bien meilleur état que semblent l’estimer les investisseurs. Certes, le problème bancaire n’est pas totalement réglé et les projets budgétaires du gouvernement auraient clairement un impact restrictif sur l’activité à court terme. Mais le redressement du marché immobilier se confirme et les statistiques d’activité sont globalement bien orientées. Alors que l’inflation reste supérieure à l’objectif assigné par le gouvernement, la BoE devrait ainsi durcir son discours avant les autres grandes banques centrales.
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