La quête de rendement favorise les «dividend recaps»
L’environnement de taux bas crée un climat favorable pour l’émission de «dividend recaps», ces émissions obligataires dont les sommes levées sont utilisées par les fonds de private equity pour se verser un dividende sur les sociétés qu’ils détiennent en portefeuille. En Europe, les fonds de private equity ont extrait 2,3 milliards d’euros de dividendes via l’émission de dette au cours du premier trimestre soit un montant supérieur aux 1,87 milliard d’euros de l’ensemble de l’année 2012, selon une étude publiée par Standard & Poor’s. Ces chiffres montrent une forte accélération du rythme des transactions mais les niveaux restent toutefois très loin des pics atteints en 2006 et 2007 (entre 10 et 11 milliards d’euros) avant l’explosion de la bulle financière.
L’appétit des investisseurs en quête de rendement pour la dette plus risquée favorise la classe d’actifs. De leur côté, les groupes de capital-investissement profitent des liquidités qui ont été injectées sur le marché pour se rétribuer alors que les introductions en Bourse tournent au ralenti. En mars, le fabricant espagnol d’emballages métalliques Mivisa a lancé un «dividend recap» pour ses actionnaires, au nombre desquels figure Blackstone depuis un LBO en avril 2011. En février, KKR, propriétaire de la chaîne britannique de magasins pour animaux Pets at home a lancé lui aussi une opération de refinancement sur les marchés pour financer le versement de dividendes. Dans son étude parue le 30 mai, Standard and Poor’s souligne que les sociétés qui recourent à ce type de transactions dans l’univers de la dette spéculative sont des groupes performants mais l’agence pointe aussi une série de risques potentiels liés à ces développements.
L’agence s’inquiète ainsi d’une légère hausse du nombre d’opérations de «dividend recaps» concernant des entreprises mal notées. En outre, les analystes pointent aussi le fait que cette politique de dividendes assise sur des levées de fonds illustre une politique financière plus agressive de la part des actionnaires au détriment de l’investissement dans les entreprises ce qui pourrait conduire à limiter leur potentiel de croissance. Ces paiements au profit des actionnaires pourraient aussi désavantager certains créanciers en cas de défaut de l’entreprise, note S&P.
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