La qualité de crédit des titrisations au niveau mondial s’est encore dégradée
Les titrisations adossées à des crédits hypothécaires résidentiels américains (RMBS) ont contribué à la détérioration de la qualité de crédit globale des titrisations en 2012 pour la sixième année consécutive, selon l’étude menée par Standard & Poor’s. L’agence s’attend cependant à ce que l’amélioration – faible – des perspectives économiques et la baisse des risques globaux inversent enfin la tendance en 2013.
En 2012, l’agence a abaissé près de 32,3% des notes accordées aux titrisations contre 35,3% en 2011. En moyenne, les notes des opérations de titrisations ont été réduites de 0,9 cran. C’est moins que les baisses de 1,4 et 1,2 cran enregistrées en 2010 et 2011. La classe des RMBS, a connu la dégradation la plus significative (-1,4 cran), suivie par celle des titrisations adossées à des crédits hypothécaires commerciaux ou CMBS (-1,2 cran).
S&P signale que la chute des prix de l’immobilier en Europe a contribué à la dégradation de 52% des CMBS de la région. En revanche, si les RMBS et ABS européens ont connu des taux de dégradation importants (42% et 27%), c’est davantage en raison de la dégradation des Etats et des contreparties bancaires qu’à cause d’une moindre qualité du collatéral. La qualité de crédit des ABS au niveau mondial est restée presque stable (-0,25 cran) tandis que celle des CDO s’est légèrement améliorée (+0,38). Toutefois, l’agence fait valoir qu’elle a mis en œuvre des changements de méthodologie importants (notamment sur les CMBS), si bien que le niveau moyen des changements de note ne reflète pas autant qu’avant les évolutions de la qualité de crédit des opérations.
Selon S&P, les dégradations de titrisations et les taux de défaut restent élevés en 2012. Ainsi, le taux de défaut pour l’ensemble des titrisations étudiées par l’agence atteint 11,36% en 2012, contre 11,82% en 2011. Ce chiffre passe à 13,28% en tenant compte des opérations qui sont «proches du défaut», contre 19,54% en 2011. Bonne nouvelle: pour les tranches de titrisations notées AAA, le taux de défaut est revenu à son niveau de 2006, soit 0% (contre 0,16% en 2011). Il avait atteint un «pic» à 0,52% en 2008. Par ailleurs, au moins 70% des titrisations notées AAA ont conservé la meilleure note au cours de l’année dernière.
Cette année, l’agence estime que les notes des opérations de titrisations devraient être plus stables au niveau mondial par rapport aux années précédentes.
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