La prochaine hausse des taux américains jugée imminente par le marché
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Philippe Mudry
A la mi-mars, la Réserve fédérale aura remonté ses taux d’un quart de point : à en juger par la proportion de 70 à 80% des opérateurs qui font ce pari, le doute n’est plus permis.
Serait-ce le discours de Donald Trump au Congrès qui justifie cette révision des anticipations de hausse des taux ? Disons qu’il a inspiré, par son ton mesuré, un regain d’optimisme sur le marché.
Mais sur le fond, les précisions sur la relance et les baisses d’impôts annoncées manquent toujours.
C’est en fait le profil de la croissance qui explique surtout que l’horizon d’action de la Fed ait été ramené de juin à mars. Les statistiques récentes ont souvent battu le consensus, tout comme les résultats des entreprises.
Quant aux indicateurs avancés, ils pointent vers un premier trimestre solide, meilleur que le précédent, et un taux de chômage au plancher.
Quand on ajoute à cela un contexte mondial qui s’éclaircit, avec des matières premières en reprise et une Europe dont la croissance s’affermit, on ne s’étonne pas de la remontée des anticipations de taux.
Celle-ci est notamment forte sur l’échéance 2 ans, très sensible à l’inflation. Aux Etats-Unis, à près de 1,3%, ils sont revenus à leur niveau de 2009 !
Sans doute l’influent gouverneur de la FED de New York William Dudley avait-il ce chiffre en tête quand il a jugé mardi « plus contraignante » la nécessité d’une hausse des taux.
Reste à savoir si la présidente de la Fed Janet Yellen le confirmera demain, dans un discours très attendu.
Pour l’instant, c’est un scénario rose que vit Wall Street. Cette remontée apparemment maîtrisée des taux est un boulevard pour les actions, dont l’indice Dow Jones a profité pour franchir pour la première fois les 21.000 points.
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