La position débitrice de l’Espagne dans Target 2 diminue à nouveau
Pour le deuxième mois d’affilée, les déséquilibres des soldes Target 2 diminuent. La position débitrice de la Banque d’Espagne dans le système de paiement est passée de 420 à 384 milliards d’euros entre septembre et octobre, après déjà une première baisse de 9 milliards le mois précédent. Celle de la banque centrale italienne s’est aussi réduite, de 23 milliards au total sur les deux mois passés à 266 milliards d’euros. «Environ 10% de la détérioration des soldes Target 2 accumulée entre mai 2011 et août 2012 a été annulée», soulignent les analystes de JPMorgan.
Target 2 sert à régler en monnaie banque centrale les paiements transfrontaliers au sein de l’Eurosystème. Si son solde consolidé est nul, les déséquilibres entre soldes débiteurs et créditeurs de chaque banque centrale dans le système sont allés croissant depuis 2011. Ils reflètent la dislocation du marché interbancaire et la fuite des capitaux de l’Europe du Sud vers l’Europe du Nord. La résorption partielle de ces écarts est donc le signe d’une moindre défiance vis-à-vis de la périphérie de la zone euro.
«Le gros de l’amélioration Target2 pour l’Espagne a été provoqué par un meilleur accès des banques espagnoles aux marchés du repo», estiment ainsi les analystes de JPMorgan. Les établissements de crédit ont pu substituer des ressources de marché à du financement BCE. Le recours des banques espagnoles au guichet banque centrale s’est d’ailleurs réduit de 33 milliards d’euros en octobre. Le reste de la baisse du solde débiteur provient des achats par les non-résidents d’emprunts d’Etat espagnols.
«Mais l’amélioration des balances Target 2 devrait s’atténuer en novembre, car l’on voit des signes d’un moindre appétit pour les emprunts d’Etat périphériques», relève JPMorgan. Les perspectives de l’Espagne ont de quoi inquiéter. Le commissaire européen Olli Rehn a pris acte mercredi que le pays n’atteindrait pas ses objectifs de déficit pour 2012 et 2013. Par ailleurs, «le rebond des Bonos a été provoqué par des non-résidents qui se positionnaient pour profiter d’une compression des spreads en cas de demande d’aide de l’Espagne», rappelle Valentin Marinov, stratégiste chez Citigroup.Or, la fin de 2012 approche et Madrid ne s’est toujours pas décidé.
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