La Pologne cherche à obtenir une rallonge du FMI

Varsovie profite de son statut de bon élève pour solliciter une hausse de sa ligne de crédit de 21 à 29 milliards d’euros avec allongement de la durée d’un an
Patrick Aussannaire

La Pologne cherche du soutien dans une Europe en crise. Premier bénéficiaire de l’aide de l’Union européenne avec un excédent entre contribution nette et aides de 6,5 milliards d’euros, le pays a demandé au FMI une rallonge sur le montant de la ligne de crédit de précaution renouvelable dont elle bénéficie depuis mai 2009. Elle veut passer ce montant de 21 à 29 milliards de dollars, et rallonger la durée du crédit d’un an.

La ligne de crédit modulable (LCM) est un prêt réservé aux pays considérés comme bien gérés, qui leur permet d’obtenir des liquidités au moment et dans les proportions qu’ils souhaitent. Seuls deux autres Etats membres du FMI, la Colombie et le Mexique, ont eu recours à la LCM mais aucun n’a pour le moment tiré sur la ligne de crédit.

Si la demande de Varsovie doit encore être approuvée par le conseil d’administration du FMI, le pays fait figure de bon élève et obtient un satisfecit de la part du premier directeur général adjoint du FMI, John Lipsky: «la Pologne a suivi des politiques très solides lors de la dernière décennie». Il faut dire que le pays a été un des rares à éviter la récession avec 1,7% de croissance en 2009. Depuis, le PIB a progressé de 3,5% au deuxième trimestre et de 4,2% au troisième.

Et les signaux sont encourageants. La demande interne, qui représente près de 80% du PIB, continue d’être le moteur principal de la croissance, portée par le dynamisme de la consommation privée (hausse de 3,5% au troisième trimestre) et publique (en hausse de 4,3%). Le taux de chômage a même diminué de 1,4 point depuis le début de l’année pour atteindre 11,5%.

Seul point noir: le déficit budgétaire du pays est un des plus importants de la région. Culminant à 7,2% du PIB en 2009, il devrait se situer autour de 8% selon Natixis. De plus, le ratio dette/PIB frôle les 60%, au risque de ne plus être «euro-compatible» alors que la majorité actuelle souhaite adopter l’euro d’ici à cinq ans. Le FMI affirme ainsi vouloir accompagner les efforts de consolidation budgétaire qui ont récemment été mis en œuvre: augmentation de 1 point de la TVA à partir de janvier 2011, programme de privatisations pluriannuel qui va toucher 740 entreprises pour un gain espéré de 6 milliards d’euros en 2010 et 4 milliards en 2011. «Je compte ainsi solliciter rapidement l’aval du conseil d’administration», indique John Lipsky.

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