La politique monétaire de la BCE ne suffit pas
Certains observateurs se sont offusqués des quelques lignes d’improvisation que Mario Draghi, le président de la BCE, s’est autorisé dans son discours à Jackson Hole le 22 août. Improvisation qui, augurant d’un nouveau stimulus monétaire, a fait baisser l’euro et les taux. D’après ces critiques, sortir du script officiel n’était pas justifié par la situation, contrairement à celle qui prévalait lorsque Mario Draghi avait improvisé à Londres en juillet 2012.
Pourtant, Mario Draghi a été pragmatique. Le change est le seul levier qui permette à la BCE de faire remonter les prix à la consommation sensiblement et en peu de temps. Encore plus dans un contexte où l’inflation est maintenue à un taux plancher par des facteurs structurels. Il est aussi connu que la politique monétaire a d’autant plus d’impact sur le change qu’elle prend les anticipations du marché à contrepied.
Cela suffira-t-il à ramener la stabilité des prix en zone euro? Non. La BCE va avoir du mal à gonfler la taille de son bilan de 1.000 milliards d’euros grâce à ses injections de liquidités TLTRO, dont le volume est décidé par les banques, et les achats d’obligations sécurisées. Les TLTRO pourraient booster le crédit de 2 points de pourcentage à condition que les taux bancaires dans la périphérie convergent totalement sur ceux du cœur : un effet bien maigre, basé sur une hypothèse optimiste. La dépréciation de l’euro depuis juillet ramènera 0,2 point d’inflation à horizon un an. Une politique monétaire de QE ne changerait rien. Le coup d’après est l’«helicopter money», une mesure de politique fiscale et monétaire, qui consiste à distribuer directement de l’argent créé par la banque centrale aux ménages et aux entreprises. Draghi l’a aussi dit à Jackson Hole, sans dévier du script : seule, la politique monétaire ne peut plus grand chose.
{"title":"","image":"81466»,"legend":"Euribor»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Le rial iranien en perdition
Retrouvez comme chaque semaine, le coup d'oeil de DeftHedge sur le marché des changes. -
La Société Générale tient bon grâce à la banque de détail
La progression des revenus et des résultats des activités de détail en France et à l'étranger, en agence et à distance, compense largement le vif recul de certains pans de la banque de financement et d'investissement. -
Engie poursuit son recentrage en préparant son désengagement du nucléaire belge
Cohérente avec la stratégie de l’énergéticien, cette décision reflète aussi la volonté du gouvernement de Bart De Wever d’avoir les mains libres pour mettre en œuvre sa politique énergétique. La lettre d’intention signée entre les deux parties marque le début d’un long processus de négociation. -
Le retrait du PIF force le LIV Golf à penser au coup d’après
Le fonds souverain saoudien a pris la décision de ne plus financer le LIV Golf, une compétition de golf qui depuis sa création en 2021 a ébranlé le monde des circuits de golf professionnels. -
Les fonds de pension britanniques devront jouer le jeu de la préférence nationale
La chancelière de l'Échiquier du Royaume-Uni a remporté une bataille pour contraindre les fonds de pension à investir leurs actifs dans le pays. -
Nomura AM International crée le poste de directeur des investissements
Il revient à Andrew Goldberg qui a passé plus de vingt ans chez JP Morgan, où il a créé le Guide des marchés et dirigé des initiatives sur les actifs alternatifs.
ETF à la Une
AllianzGI va bientôt lancer ses premiers ETF actifs en Europe
Contenu de nos partenaires
-
Survivalisme« Sans primaire, ce sera l’apocalypse chez nous » : chez les Ecologistes, Marine Tondelier acculée par ses opposants internes
Le « there is no alternative » à la primaire de Marine Tondelier ne suffit pas à ramener l’ordre dans la maison écologiste. A mesure que l’illusion d’une candidature commune se dissipe, la numéro 1 des Verts se voit contrainte de sortir de l’ambiguïté : peut-elle faire cavalier seul en 2027 ? Si oui, en a-t-elle les moyens ? Sinon, derrière qui se ranger pour négocier un accord législatif sans se renier ? -
CastagneAu Sénat, le report d'une note sur un pesticide vire au pugilat
Le report d'une note scientifique sur l'acétamipride a frôlé la confrontation entre le sénateur PS Michaël Weber et le président LR de l'Office parlementaire scientifique -
Seine colèreEnseignement libre : la gauche tentée de rallumer la guerre scolaire en commençant par Paris
Les Parisiens n’ont pas fini de voir des parents protester contre des fermetures de classes. La capitale sera la ville de France où le choc démographique sera le plus brutal. Il y a désormais plus de décès que de naissances dans l’Hexagone. Les projections nationales évaluent la baisse prévisible du nombre des élèves à 1,7 million à l’horizon 2035.