« La politique monétaire a une capacité très limitée à relancer l’économie »
Lors d’une conférence de presse organisée, mercredi, pour la publication française de son livre-recueil «La Grande Fracture» [édition Les Liens qui Libèrent - lire la critique], , Joseph Stiglitz s’est montré particulièrement sceptique sur la capacité des banques centrales à influer sur l’activité économique. «La politique monétaire a une capacité très limitée à relancer l’économie», a-t-il déclaré, estimant que «la politique fiscale est bien plus importante, et c’est pourquoi il faut combattre l’austérité.»
Le prix Nobel d’économie voit même des inconvénients à la politique monétaire telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui aux Etats Unis comme en Europe: «Jusqu’à présent la politique monétaire a accru les inégalités, par plusieurs canaux, notamment via un assouplissement quantitatif qui s’est traduit par un marché en hausse – on peut parler de bulle – qui profite à ceux qui possèdent des actions, les plus riches», a-t-il critiqué.
S’exprimant sur les actions menées par les banques centrales, Joseph Stiglitz dresse un réquisitoire: «Les canaux du crédit n’ont pas été réparés, les grandes banques ont été sauvées, autorisées à fusionner ce qui leur a donner plus de pouvoir, mais les banques locales n’ont pas été autant aidées. Aujourd’hui le niveau de prêts aux PME est inférieur à 2007 aux Etats-Unis. La Réserve fédérale pourrait exiger des banques membres qu’elles accordent plus de prêts aux PME, elle ne le fait pas.»
Pour l’économiste américain, les Etats ne devraient pas hésiter à moduler la structure de leur fiscalité. Il s’est notamment prononcé en faveur d’une taxe sur les transactions financières. L’endettement public ne devrait pas être vu comme dangereux, mais comme « un investissement ». « Les grandes innovations américaines qui sont à l’origine de Facebook, Google et Apple, sont issues de programmes de recherche financés par et pour le gouvernement », rappelle t-il.
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