La politique laxiste en Inde ravive les tensions sur sa dette souveraine
Tension sur la dette indienne. Les détentions d’obligations souveraines indiennes par les investisseurs étrangers ont diminué de 1,6 milliard de dollars depuis février pour tomber à 29,9 milliards, soit leur baisse la plus forte sur deux mois depuis mars 2009. Les investissements étrangers en actions indiennes sont restés atones depuis le début du mois, à seulement 171,8 millions de dollars, contre quelque 5 milliards au mois de février. Tout comme le rythme d’investissements directs étrangers (IDE) réalisés dans le pays, à 4,2 milliards sur les deux premiers mois de l’année. Or, jusqu’à présent, l’élargissement du déficit des comptes courants, qui devrait atteindre un record de 4% du PIB, était financé par les entrées de capitaux étrangers.
Un risque qui se traduit par la chute de la roupie. Depuis l’annonce le 16 mars dernier d’un programme d’emprunt d’Etat de 5.690 milliards de roupies (81 milliards d’euros), la monnaie s’est repliée de 4,1% à 52,52 contre dollar, contre 44 avant août dernier. «Il existe des inquiétudes sur les changes et les règles actuelles de réinvestissement réduisent la capacité des investisseurs à gérer le risque de duration de leur portefeuille» explique Barclays Capital. La banque centrale (RBI) a publié un indice, dit de Kaufmann, qui estime que les IDE en Inde ont été 25% inférieurs au niveau qu’ils auraient pu atteindre avec une politique budgétaire plus efficace.
Et la RBI de s’inquiéter du fait que «de tels niveaux d’emprunts risquent d’assécher le crédit au secteur privé», l’incitant ainsi à baisser ses taux directeurs le 17 avril. Ce qui n’a pas empêché le rendement des obligations à 10 ans de progresser de 28 pb à 8,62% depuis.
Mercredi, S&P a mis la note BBB- du pays sous perspective négative, s’inquiétant du dérapage du déficit budgétaire et prônant notamment un «assouplissement des contraintes sur les capitaux étrangers de certains secteurs tels que la banque, l’assurance et le commerce de détail». Le déficit a atteint 5,9% du PIB sur l’année fiscale achevée fin mars, bien au-dessus de l’objectif du gouvernement de 4,6%. Fitch et Moody’s notent également la dette indienne un cran au-dessus de la catégorie spéculative. «C’est la confirmation des problèmes politiques en Inde. S&P a été le premier à en faire état, mais les autres agences devraient lui emboîter le pas» estime la Société Générale.
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