La politique de dividende de Maersk ne bénéficie pas aux porteurs de dette

Le versement du produit de cession de ses 20% dans Danske Bank sous forme de dividende a eu un impact très faible sur ses niveaux de spreads.
Patrick Aussannaire

L’initiative prise par A.P. Moeller-Maersk (APMM) est nettement moins favorable à ses porteurs de dette obligataire qu'à ses actionnaires. Le produit de la cession du reliquat de la participation de 20,05% que détient le conglomérat danois dans Danske Bank, estimé à 5,5 milliards de dollars, sera en effet reversé sous forme de dividende aux actionnaires. Un montant qui s’ajoutera à celui d’environ un milliard qu’il comptait déjà verser aux détenteurs d’actions ordinaires au titre du résultat net de 2014, en hausse de 38% à 5,2 milliards de dollars.

Même si elles n’envisagent pas de dégradation à la suite de cette décision, Moody’s et S&P, qui ont attribué en septembre 2013 la note de «Baa1» et «BBB+» à la dette du groupe avec une perspective stable, ont néanmoins jugé qu’elle était négative pour la qualité de crédit d’APMM. «Maersk ne bénéficiera plus de la flexibilité financière liée à sa participation dans Danske Bank», explique Moody’s. Une opinion partagée par S&P qui ajoute de son côté que cette cession lui donne «moins de marges de manœuvre dans son niveau de rating». En septembre dernier, le groupe avait pourtant affiché sa volonté d’être plus actif sur le marché primaire pour faire grimper la part d’obligations dans sa dette de près d’un tiers actuellement à environ 50%, après avoir émis avec succès sa première obligation libellée en billets verts qui lui avait ainsi permis de lever 1,25 milliard de dollars.

Néanmoins, l’impact sur les spreads est resté faible, l’obligation de maturité août 2019 affichant un niveau de spread stable de 66 points de base par rapport aux taux de référence. Le cours de l’action Maersk a lui vivement réagi au recentrage du géant scandinave sur ses principales activités en gagnant plus de 7% en une séance à la suite de l’annonce de la cession la semaine dernière, portant sa performance à 14% depuis le début de l’année. A titre de comparaison, si l’obligation d’échéance novembre 2017 offrant un coupon de 4,375% a donné un rendement limité à 0,5% aux investisseurs depuis le début de l’année en incluant le réinvestissement des coupons, celui offert aux détenteurs d’actions a quant à lui atteint 23%, selon les calculs de Bloomberg.

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