La Place veut renforcer son marché de papiers à court et moyen terme
La Place de Paris veut renforcer son marché des titres à court et moyen terme en y attirant plus d’investisseurs et d’émetteurs, notamment étrangers et de plus petite taille. Les professionnels réfléchissent à s’aligner sur les standards internationaux et à accroître la transparence du marché.
Les réflexions en cours sur les titres de créances négociables (TCN) s’inscrivent dans le cadre du Comité Place de Paris 2020. Celui-ci a été lancé par Bercy cet été et doit être l’occasion de présenter d’ici à la fin de l’année des moyens de renforcer l’attractivité de la Place financière. Les discussions en cours permettraient de mieux positionner le marché français par rapport à ses concurrents européen et américain mais aussi de faciliter le financement des entreprises à l’heure de la désintermédiation.
Avec près de 400 milliards d’euros d’encours, le marché des TCN est le deuxième marché du papier commercial en Europe et le troisième au monde. Supervisé par la Banque de France, il s’est même développé pendant la crise. Les titres qui y sont négociés de gré à gré peuvent être éligibles aux opérations de refinancement de la Banque centrale européenne (BCE). Le marché reste cependant dominé par les entreprises françaises, et notamment les banques, qui y réalisent la plupart de leurs émissions en euros. Pour attirer des acteurs étrangers, les professionnels envisagent que la documentation puisse être écrite directement en anglais. Celle-ci doit aujourd’hui être rédigée en français ou dans une autre langue mais avec un résumé en français. Les professionnels réfléchissent également à aligner la dénomination des titres de créances négociables avec les standards internationaux pour les papiers commerciaux. La France a la spécificité de distinguer les certificats de dépôt émis par les banques et les billets de trésorerie émis par les entreprises, des bons à moyen terme négociables émis par les deux mais à plus long terme.
Toujours afin d’attirer les étrangers et de réaliser les émissions dans d’autres devises que l’euro, les experts du marché envisagent d’améliorer sa transparence. La Banque de France, qui le supervise, publie des statistiques agrégées mais elles pourraient être plus détaillées. Une façon d’attirer les entreprises de taille intermédiaire pourrait consister à abaisser le montant minimal d’émission de billets de trésorerie, aujourd’hui fixé à 150.000 euros. Enfin, la réflexion pourrait être l’occasion de réduire la dépendance du marché à la notation des agences.
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