La Place de Paris victime expiatoire de l’effondrement majoritaire
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Philippe Mudry
Par deux fois, le ministre des Finances Michel Sapin a pu constater, lors du débat budgétaire, que l’effondrement de la majorité allait faire une victime expiatoire : la Place de Paris.
Qu’il s’agisse du régime fiscal des actions gratuites ou du financement de l’aide au développement par le relèvement de la taxe sur les transactions financières, la TTF, le patron de Bercy a dû manger son chapeau et en passer par la volonté des députés.
Le résultat est, dans le premier cas, que les avantages fiscaux propres aux actions gratuites, précisés il y a un an dans la loi Macron, seront désormais réservés aux seules entreprises n’ayant jamais distribué de dividendes.
Voilà une idée à laquelle il fallait penser ! Madame Valérie Rabault, rapporteure du budget, s’en est chargée.
Dans le second, la TTF, les députés ont voté l’extension du champ d’application aux transactions intra-journalières et relevé son taux à 0,3%.
Que la première mesure soit inapplicable et probablement anticonstitutionnelle n’a dérangé personne.
Et que la seconde signifie un triplement en une législature du taux de ladite taxe, censé demeurer faible, non plus.
Humiliée et en pleine dérive, la majorité politique sortante préfère sombrer en brandissant bien haut ses symboles.
Une mesure sociale ne saurait se financer par une économie de dépenses mais par un relèvement d’impôt.
Il y a dans cette bronca obtuse et crépusculaire une rage provocatrice de minoritaires qui n’ont rien appris et se savent condamnés.
Que le ministre des Finances n’ait plus l’autorité pour déjouer cette mauvaise action est navrant.
Que la Place de Paris reçoive un tel coup de poignard alors qu’elle se bat pour jouer sa carte post-Brexit est consternant.
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