La perspective d’une hausse des taux en Grande-Bretagne se rapproche
Le marché l’attend en février 2015. Certains économistes envisagent même que la BoE la décide avant compte tenu de la force de la reprise
Publié le
Solenn Poullennec
Si la Banque d’Angleterre (BoE) a, comme attendu, laissé sa politique monétaire inchangée hier en maintenant son programme de rachats d’actifs à 375 milliards de livres et son taux directeur à 0,5%, la perspective d’un resserrement ne cesse de se rapprocher selon plusieurs économistes. Le rapport sur l’inflation qui sera publié mercredi prochain sera, à ce titre, regardé de près.
«Une succession de chiffres positifs conduit le marché à attendre désormais une première hausse des taux en février 2015», souligne l’économiste d’UniCredit, Daniel Vernazza, qui anticipe même que la hausse des taux intervienne dès novembre prochain. Son optimisme est encouragé par le taux de croissance, qui est ressorti à 0,8% (sur trois mois) au premier trimestre tandis que le taux de chômage est tombé à 6,9% à la fin du mois de février.
Ce seuil est symbolique car la BoE avait d’abord promis de considérer l’opportunité d’un relèvement des taux dès que le taux de chômage atteindrait 7%. Pour ne pas être forcée d’agir trop vite, elle a infléchi sa communication au début de l’année et c’est désormais le taux de capacités inutilisées dans l’économie et l’évolution d’une large palette d’indicateurs qui déterminent le rythme de resserrement de la politique monétaire. «Alors que le niveau de capacités inutilisées se résorbe, nous n’imaginons pas que le comité de politique monétaire restera longtemps unanime», assure Daniel Vernazza. Selon lui, dès cet été certains gouverneurs de la BoE pourraient plaider pour une hausse des taux.
Si l’inflation est tombée à 1,6% en mars, les salaires réels dans le secteur privé ont légèrement progressé en début d’année, souligne UniCredit. «Le niveau de capacités de productions inutilisées s’érode alors que l’augmentation des salaires commence à s’accélérer(…). Il pourrait y avoir plus de pressions inflationnistes dans les tuyaux que ce que la BoE veut bien admettre», estime l’économiste d’ING, James Knightley. Il concède que la hausse des taux pourrait intervenir plus tôt qu’en février 2015, comme il le prévoit aujourd’hui.
Et ce, d’autant plus que la BoE s’est inquiétée de la flambée des prix de l’immobilier. Elle pourrait annoncer des mesures macroprudentielles pour contenir cette hausse dès le mois de juin, mais «nous avons des doutes sur l’efficacité de ces mesures», écrit James Knightley. Une hausse des taux pourrait être plus efficace.
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