La persistance de l’inflation en Chine devrait faire réagir les autorités
Les pressions inflationnistes persistent en Chine. Le Bureau national des statistiques (BNS) a révélé aujourd’hui que les prix à la consommation ont progressé de 4,9% au mois de janvier sur un an, contre 4,6% en décembre et 3,3% sur l’ensemble de l’année 2010. Ce chiffre est certes inférieur aux attentes des analystes qui tablaient sur une inflation de 5,3%, mais reste supérieur à l’objectif des autorités chinoises. Les prix alimentaires se sont envolés de 10,3% en janvier, et ont progressé en moyenne de plus de 10% dans les quatre derniers mois. Dans le même temps, des centaines de millions de Chinois vivent avec à peine plus de 1,25 dollar par jour et utilisent presque l’intégralité de leurs revenus à l’achat de produits alimentaires.
Le BNS a précisé qu’il avait révisé ses méthodes de calcul de l’indice des prix. Les dépenses liées au logement, qui comprennent les loyers et les charges mais pas les prix d’achat des appartements, se sont ainsi vues accordées à partir de janvier un poids plus important, enregistrant une progression annuelle de 6,8%. En revanche, le nouveau calcul de l’indice accorde un poids relatif plus faible aux prix alimentaires. Le BNS affirme que la nouvelle méthode de calcul aboutit à un indice des prix plus élevé: 4,94% contre 4,92% avec l’ancienne méthode. Néanmoins, le Wall Street Journal estime lui que l’ancienne méthode aurait conduit à une inflation de 5,1%.
L’indice des prix à la production a progressé à 6,6% en janvier (contre 5,9% en décembre) et l’inflation hors prix alimentaires s’est accélérée à 2,6%, indiquant, avec les hausses de salaires minimum, une transmission à l’économie réelle qui menace la consommation intérieure. Alors que l’envolée de 51% des importations en janvier, avec une explosion de la demande de minerai de fer, pétrole et cuivre traduit le dynamisme de l’activité, le China Securities Jounal indique aujourd’hui que la banque centrale pourrait relever une nouvelle fois ses taux au premier trimestre et accroître le ratio des réserves obligatoires à 23% pour restreindre le développement du crédit. Le poids encore limité des salaires dans le PIB (25% contre 70% aux Etats-Unis) devrait néanmoins limiter les risques d’effets de second tour. Compte tenu du rythme de croissance qui devrait rester supérieur à 9% en 2011, certains économistes estiment qu’un niveau d’inflation autour de 5% reste modéré.
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