La performance boursière du secteur bancaire en Europe est très hétérogène
Ces cinq dernières années, les banques européennes n’ont guère brillé en Bourse, avec un recul de près de 65% en termes absolus et de 50% par rapport au marché. Il est vrai que le secteur était au cœur des incertitudes qui affectent la zone euro: hausse du risque de défaut souverain, interrogations sur la pérennité de l’euro, panorama macroéconomique déprimé, risque immobilier, incertitudes sur le cadre réglementaire, dislocation des marchés de refinancement, sans même parler des risques politiques et juridiques.
Une banque est en effet par nature un instrument à effet de levier, avec un total de bilan qui atteint fréquemment près de 20 fois les fonds propres, selon la définition retenue. Des divergences dans la qualité des actifs peuvent rapidement se traduire par une forte volatilité des résultats et un impact majeur sur les capitaux propres. La performance boursière du secteur a logiquement été très hétérogène: pour l’année 2012, on observe un écart de 80% entre la performance, à mi-octobre, du 1er quartile des meilleures performances (+39%) et du dernier quartile (-41%) !
Une des explications est l’évolution de l’exposition des banques européennes à la dette des pays dits «périphériques». Si cette dernière s’est contractée de 2.715 à 2.195 milliards de dollars, certaines banques (BNP Paribas, CASA, Deutsche Bank, RBS) ont sensiblement réduit leur exposition, tandis que d’autres (Intesa Sanpaolo, Santander, UBI, Banco Popular) se sont au contraire renforcées. Cette forme de balkanisation de l’Europe périphérique risque fort d’exacerber le «credit squeeze» à la périphérie et renforce les besoins de réduction du niveau de levier.
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