La participation du privé à l’effort grec entre dans une quinzaine décisive
Après l’accord trouvé hier matin, les créanciers privés vont bientôt pouvoir apporter leurs titres au plan de participation du secteur privé (PSI) précisé par le ministre grec des Finances Evangelos Venizelos. Ils devront alors supporter une décote de 53,3%, laquelle avait été fixée à 21% en juillet 2011 puis revue à 50% en octobre dernier. L’opération devrait être achevée autour du 10 mars, selon le Premier ministre grec.
Pour eux, les nouvelles modalités de l'échange de dette se traduiront par une perte de 70% sur ces titres, un choc déjà intégré par les banques et les assureurs qui ont passé des provisions pour une perte allant de 70 à 75%. Par conséquent, «le secteur privé dans sa grande majorité ne sera plus exposé à la Grèce», ce qui supprimera une source majeure d’inquiétude pour la stabilité financière de la zone euro, se réjouit le groupe de réflexion Bruegel.
La mise en œuvre du PSI s’annonce toutefois risquée. La Grèce attend un taux de participation suffisant au PSI, à défaut de quoi elle menace d’utiliser les clauses d’action collective (CAC) qui doivent être attachées aux obligations d’Etat existantes après le vote d’une loi dans les jours à venir.
Ces CAC, qui seraient activées au seuil d’un taux de participation de 66%, forceront l’ensemble des créanciers à participer à une restructuration de la dette. Or, leur déclenchement serait considéré comme un événement de crédit sur le marché des CDS, ce qui provoquerait le débouclage des contrats. Le montant en jeu est relativement limité, 3,2 milliards de dollars, mais l’opération risque d'être mal perçue. L’activation des CAC est le scénario de base des stratégistes taux de Barclays Capital.
«Le PSI assure que le secteur privé subira une perte réelle tandis que le secteur public (les banques centrales nationales et la BCE) n’en enregistreront aucune», analyse Richard Woolnough, gérant taux chez M&G. Ces dernières pourraient certes reverser une partie des intérêts perçus sur la dette grecque au pays. Mais, après l'échange d’obligations grecques réalisé par la Banque centrale européenne la semaine dernière pour échapper au PSI et aux CAC, il est probable que les banques centrales nationales procèdent à leur tour à de telles opérations prochainement, anticipent les spécialistes de Barclays Capital, ce qui confirme leur séniorité par rapport aux porteurs obligataires privés. Si elle devait participer au PSI, la Banque de Grèce devrait être recapitalisée à hauteur de 2 milliards d’euros, rappellent-ils.
Plus d'articles du même thème
-
La Banque du Japon cherche le bon dosage de ses outils de politique monétaire
Pressée de remonter son taux directeur à cause du retour de l’inflation, la banque centrale japonaise pourrait modérer le rythme de ses rachats d’obligations pour en atténuer les effets. -
L’économie française subit un coup de mou au premier trimestre
Le PIB s’est légèrement contracté alors que l’inflation continue d’augmenter et que le chômage remonte. Les premiers effets de la crise au Moyen-Orient se font sentir et aucun moteur de croissance ne compense ce ralentissement. -
SCPI : les faits marquants du mois de Mai 2026
Chaque mois, la rédaction de L’Agefi Patrimoine vous propose un condensé des nouvelles des SCPI : acquisitions, cessions, liquidités, nominations… -
Les minoritaires de Meta réclament majoritairement le principe « une action, une voix »
Lors de l’assemblée générale du 27 mai, l’une des dix résolutions dissidentes, proposant d’adopter un plan de recapitalisation attribuant une voix à chaque action en circulation, a obtenu 26% de soutien, alors que Mark Zuckerberg contrôlait les deux tiers de l’assemblée. -
CVC prend goût au secteur des ingrédients
La société d'investissement va racheter pour 4,3 milliards de dollars la division d'ingrédients alimentaires de l'américain IFF, lequel se recentre sur les arômes, les fragrances et les ingrédients santé. -
Columbia Threadneedle fait évoluer deux fonds en Article 8
Les deux stratégies étaient classées Article 6 jusqu’à présent.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- LBP AM et La Financière de l’Echiquier annoncent leur projet de fusion
- Sanso Longchamp AM gagne pour la première fois l'Alpha League Table
- Pierre Séquier (Exane AM) : «L'Europe germanophone constitue un objectif pour notre développement»
- Des investisseurs nordiques veulent empêcher le retour des forages arctiques
- Claire Bourgeois : «Les crises permettent de révéler le meilleur de chacun»
Contenu de nos partenaires
-
Vents contrairesEn France, le choc pétrolier relance l’inflation et freine la consommation
Après un premier trimestre en repli, l'économie française encaisse le choc de la crise énergétique, qui alimente le niveau des prix et l'attentisme des ménages -
5 choses à savoir sur le G7 du Numérique
La France organise le G7 Numérique du 27 au 29 mai 2026, réunissant les ministres du numérique des sept plus grandes économies pour coordonner leurs réponses aux défis de l’IA et du secteur digital. -
La fusée New Glenn explose au sol : un coup dur pour Blue Origin et le programme lunaire de Bezos
L'explosion de la fusée New Glenn lors d'un essai au sol, jeudi 28 mai à Cap Canaveral, inflige un sérieux revers à Blue Origin. L'accident pourrait retarder les ambitions lunaires de Jeff Bezos et les échéances du programme Artemis de la Nasa