La Nouvelle Zélande met à profit ses marges de manœuvre monétaires
La faiblesse de l’inflation, le recul du prix des matières et le ralentissement de l’économie chinoise ont conduit la banque centrale néo-zélandaise (RBNZ) à baisser une nouvelle fois son taux directeur de 25 bp pour le ramener à un niveau de 2,75%. Après son dernier geste réalisé en juillet, son gouverneur, Graeme Wheeler, a ajouté «d’autres assouplissements de taux semblent probables» et que l’autorité détient «plein de cartouches dans son fusil» si la situation s’aggrave.
Dans ce contexte, le consensus table sur au moins une nouvelle baisse de taux d’ici la fin de l’année. «Si le prix élevé de l’immobilier reste un obstacle à de nouvelles baisses de taux, il existe un risque que la RBNZ assouplisse davantage que prévu sa politique monétaire compte tenu de l’incertitude sur les perspectives d’activité en Chine, qui est le deuxième partenaire commercial de la Nouvelle-Zélande derrière l’Australie», alerte Barclays.
La RBNZ a d’ailleurs également réajusté très fortement à la baisse ses prévisions pour ne plus tabler que sur une croissance du PIB néo-zélandais de 1,9% cette année, contre 3% précédemment, et de 3,1% à 2,5% pour 2016. La croissance ne repasserait au-dessus des 3% qu’à partir de mi-2017. «Les efforts de reconstruction après le tremblement de terre étant en phase de ralentissement, l’affaiblissement attendu de la croissance reflète celui des perspectives mondiales et des prix des exportations», explique Barclays. Dans ce contexte, l’inflation devrait atteindre 0,8% en fin d’année avant de repasser légèrement au-dessus de son objectif, à 2,2% fin 2016, alors qu’elle n’était que de 0,3% au mois d’août. Graeme Wheeler a mis l’accent sur le fait qu’une «poursuite de la dépréciation de la devise semble justifiée compte tenue de l’ampleur de la chute du prix des exportations néo-zélandaises de matières premières».
Au sein de la zone «dollar», la devise néo-zélandaise a déjà largement sous-performé l’ensemble de ses concurrentes ces derniers mois. Le «kiwi» s’est ainsi déprécié de 23% contre le billet vert américain depuis la fin du mois d’avril, mais aussi de 12% contre le dollar australien, et de 15% contre le dollar canadien depuis fin mars. «La RBNZ étant clairement passée en mode d’assouplissement monétaire, contrairement aux banques centrales australienne et canadienne qui affichent un biais neutre, le dollar néo-zélandais reste orienté à la baisse», estime en outre BNP Paribas.
Plus d'articles du même thème
-
« Les facteurs techniques et l’appétit des investisseurs plaident pour une position modérément surpondérée »
Bart aan de Toorn, gérant et membre du comité d'investissement de l'équipe crédit chez VLK IM -
«Nous anticipons une appréciation du yen d'ici à la fin de l'année»
Evelyn Herrmann, économiste Europe chez Bank of America -
«La hausse des taux de la BCE devrait être la seule pour 2026 et 2027»
Sebastian Paris Horvitz, directeur de la recherche chez La Banque Postale AM -
Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
L’introduction hors norme sur le Nasdaq de SpaceX a attiré une demande plus de 4 fois supérieure à l’offre avec une hausse de près de 20% de l’action à la première cotation. D’autres méga-IPO vont inonder le marché, avec des airs de déjà-vu et un parfum de bulle spéculative. -
« La croissance des bénéfices dans l’UE devrait être inférieure au consensus »
Michele Morganti, stratégiste actions senior chez Generali Investments -
«Nous adoptons une neutralité de prudence plus que de conviction sur les actions»
Philippe Perrody, directeur de la gestion diversifiée et allocation d’actifs, actifs cotés chez Sienna.
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
- Marc Riez (Vega IS) : «Nous avons engagé des discussions avec Novobanco au Portugal»
- Capital Group s'apprête à lancer ses ETF actifs en Europe
- L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
Contenu de nos partenaires
-
Alignement des planètesComment le Pakistan a réussi à jouer les médiateurs entre l'Iran et les Etats-Unis
Islamabad a su mettre à profit sa position géopolitique et sa stratégie de rapprochement avec ses voisins, à l'exception de l'Inde, pour construire un compromis acceptable par Washington et Téhéran -
Dis, quand reviendras-tu ?Raphaël Glucksmann et Olivier Faure, histoire d'une rivalité
En confiant à deux reprises la tête de liste aux européennes à un philosophe non encarté, le premier secrétaire du PS a fabriqué son principal concurrent pour l'élection présidentielle de 2027. Récit d’une relation passée de la fraternité à la discorde -
Bis repetitaLa France se prépare à une vague de chaleur plus intense qu'en mai
Le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray souhaite qu'aucun examen du Bac ne se déroule l'après-midi.