La nouvelle méthode de S&P pèse sur les notes des titrisations
Standards & Poor’s tire les leçons de la crise de la zone euro en publiant une nouvelle méthode de notation qui devrait peser sur les notes de nombreuses titrisations. Si le nombre de dégradations devrait être moins important que celui que l’agence avait d’abord anticipé, elle estime qu’elle pourrait baisser de deux à trois crans entre 25% et 40% des RMBS et des ABS espagnols.
En Italie, près de la moitié des CMBS et des CLO de PME devraient être touchés par la réforme avec des baisses de notes de un à trois crans. Au Portugal, 60% des RMBS et 90% des ABS devraient voir leur note changer, à la hausse ou à la baisse.
La nouvelle méthode publiée vendredi dernier concerne les titres qui sont mieux notés que l’Etat dans lequel ils ont été émis. S&P considère toujours que le défaut d’un Etat n’entraîne pas forcément celui de toutes les opérations de titrisations réalisées dans le pays en question même s’il réduit la qualité de leurs actifs sous-jacents.
En revanche, lorsqu’il s’agit de noter une titrisation au-delà de la note de l’Etat où elle a été émise, l’agence n’appliquera plus de régime spécifique pour les titrisations de la zone euro. «La sensibilité de certains secteurs au risque pays est supérieure à ce que nous pensions auparavant, notamment pour les entités de certains pays de l’Union économique et monétaire, comme la Grèce, le Portugal, l’Espagne, l’Italie et l’Irlande», écrit S&P. La sensibilité de certaines classes d’actifs au risque souverain est désormais qualifiée de «modérée» plutôt que «faible». En revanche, le différentiel de notation par rapport à l’Etat pour les classes d’actifs ayant une sensibilité «modérée» ou «élevée» au risque pays passe de trois à quatre crans. L’agence a également éliminé la distinction entre les Etats notés au minimum BBB- et ceux notés entre B et BB+.
S&P a par ailleurs décidé d’introduire un «stress test sévère» pour les titrisations européennes mieux notées que leur Etat d’origine. Elle simule par exemple les conséquences d’une baisse importante du PIB ou d’une forte hausse du chômage. En cas de choc économique majeur, les pertes attendues sur un portefeuille de prêts immobiliers résidentiels espagnols sont par exemple évaluées à 6,6%.
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