La nouvelle cure d’austérité grecque pourrait être la dernière

Le gouvernement a adopté hier de nouvelles mesures imposées par ses bailleurs de fonds malgré les manifestations, mais prévenu que ce serait la dernière
Patrick Aussannaire

La cure d’austérité grecque adoptée dans la douleur sera-t-elle finalement vaine? Le gouvernement de George Papandreou a obtenu le soutien de 154 députés sur les 300 élus que compte le parlement pour réussir à faire adopter hier soir une nouvelle et douloureuse cure d’austérité en dépit de manifestations massives et d’une grève générale. Cette victoire du gouvernement Papandreou devrait lui permettre d’obtenir le versement d’une nouvelle tranche de 8 milliards d’euros d’aide internationale, nécessaires pour faire face à ses échéances après novembre.

Mais les émeutes dans le pays, qui ont fait 70 blessés et un mort, deviennent problématiques. Et le gouvernement a prévenu que cette cure d’austérité était la dernière. «La Troïka pourrait demander de nouvelles mesures d’austérité mais aucun gouvernement ne pourrait la réaliser» indique une source gouvernementale au Financial Times, qui ajoute qu’alors «George Papandreou serait contraint d’appeler à des élections anticipées».

D’ailleurs, deux des membres de la Troïka, la BCE et le FMI, s’opposent sur le sujet. Ce qui expliquerait que le rapport n’inclut pas, comme les précédents, de prévisions sur l’évolution de la dette grecque. La BCE souhaite une baisse drastique des déficits publics quoi qu’il en coûte. Le rapport indique que «la dynamique de la dette reste très inquiétante». «Comparé aux perspectives d’il y a quelques mois, le caractère soutenable de la dette s’est effectivement détérioré». La Grèce aurait accumulée 20 milliards d’euros supplémentaires en besoins de financement depuis juillet, selon Bloomberg.

Le FMI réclame de son côté plus de mansuétude, craignant que ces mesures pèsent sur la croissance. Une inquiétude justifiée par une récession qui a été plus forte que prévue dans le pays au premier semestre. En effet, selon le rapport de la Troïka, le PIB grec se serait contracté de 6% sur le semestre. Et les grèves auraient aggravé la récession dans le pays. «Il n’y aucun doute sur le fait que la Grèce traverse une récession qui est plus profonde et plus longue que prévu du fait d’un retard pris par la reprise économique » indique le rapport.

D’ailleurs, les investisseurs n’y croient plus. D’après une enquête réalisée par Bank of America, les gérants de fonds attendent très majoritairement un défaut grec, avec les trois quart d’entre eux le prévoyant avant la fin du premier trimestre 2012.

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