La Norvège se dote d’un nouveau fonds public d’investissements
Avec 12 milliards d’euros d’actifs, le nouveau gouvernement cible des investissements en infrastructures routières, ferroviaires et de communication
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Patrick Aussannaire
Le nouveau gouvernement norvégien ne perd pas de temps. Une coalition à peine formée avec le parti populiste, Erna Solberg, la dirigeante du parti conservateur de centre-droit qui devrait prendre les rênes du gouvernement, a annoncé le lancement d’un fonds d’investissement public en infrastructures, dans le cadre d’un programme plus général de libéralisation de l’économie du pays.
Le fonds sera doté de 100 milliards de couronnes norvégiennes (plus de 12 milliards d’euros) sur les cinq prochaines années qui seront notamment consacrés au financement de projets de constructions routières, ferroviaires, ainsi qu’au développement des outils de communication. Ce nouveau fonds sera alimenté par le fonds souverain norvégien, qui détient quelque 720 milliards de dollars d’actifs sous gestion.
Le document de référence servant de programme commun entre les deux partis marquait déjà l’objectif du gouvernement d’orienter les investissements réalisés par le fonds souverain du pays vers «les sociétés pérennes et les projets dans les pays en voie de développement et les marchés émergents». Le secteur des énergies renouvelables en bénéficiera aussi en se voyant réserver un nouveau mandat dédié.
Quant à l’orientation budgétaire que prendra le nouveau gouvernement, celle que l’on surnomme déjà «l’Angela Merkel norvégienne» a précisé lundi soir lors d’une conférence de presse ses intentions de «renouveler et moderniser la Norvège, en travaillant davantage de concert avec les organisations privées et à but non lucratif». Avant les élections, son parti s’était engagé sur un programme de baisse des impôts, mais aussi sur le chemin de la réduction des participations de l’Etat dans un certain nombre de sociétés. Le géant pétrolier norvégien Statoil était notamment visé, Erna Solberg comptant ramener la participation de l’Etat de 67% actuellement à 51%.
La Norvège peut compter sur son fonds pétrolier pour absorber ses largesses budgétaires. Oslo a consacré 3,3% des réserves du fonds, soit 120 milliards de couronnes, pour renflouer le budget de l’Etat, de 1.060 milliards cette année. Une manne qui a permis au pays de dégager l’année dernière l’excédent le plus important des pays notés AAA. Si la coalition s’est engagée à ne pas consacrer plus de 4% par an des actifs du fonds au budget, la taille de ses actifs a quintuplé depuis 2005 et devrait encore s’accroître de 42% d’ici 2020.
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