La nervosité reste forte autour de la dette de la France
La tension est légèrement retombée vendredi à la faveur de l’avancée des dossiers politiques grec et italien. Montés à un pic de séance de 3,51% en début d’après-midi, les taux à 10 ans de la France ont terminé la semaine sous la barre des 3,4%, à 3,386%. L’écart de rendement avec les taux allemands s’est détendu de 21,2 points de base, à 146 pb, mais il reste à des niveaux historiquement élevés.
Ces soubresauts montrent bien l’extrême nervosité qui entoure depuis quelques jours la dette de la France, avec une crainte: une contagion au pays des difficultés de l’Italie. Les dernières mesures annoncées par le gouvernement de François Fillon n’ont pas convaincu sur la capacité de l’Hexagone à tenir ses engagements de réduction du déficit. L'économie du pays montre de plus en plus de signes d’essoufflement. Selon les chiffres publiés la semaine dernière, la production industrielle a chuté de 1,7% en septembre, avec des baisses de 2,8% pour les biens industriels et de 3,8% pour les produits de consommation durable, signe que les entreprises françaises ont mis en sommeil leurs projets d’investissement sous l’effet de la crise. La prévision de croissance élaborée par le gouvernement français pour 2012 est même contredite par les chiffres de la Commission européenne (lire page 3).
L’épisode de «l’erreur technique» de Standard & Poor’s jeudi, annonçant que la note AAA du crédit de la France avait été abaissée, n’a fait qu’alimenter un peu plus cette nervosité. Vendredi, l’Autorité des marchés financiers a annoncé avoir ouvert une enquête et avoir contacté l’autorité de supervision financière européenne (ESMA), au titre de ses compétences de contrôle des agences de notation. «On ne laissera aucun message négatif passer. On a une stratégie, on a un rendez-vous en matière de déficits qui est fixé. On ne variera pas d’un iota», a lancé le ministre de l’Economie François Baroin.
Depuis, en plus d’ouvrir une enquête interne, S&P a rectifié le tir. «Les notes de la République française restent AAA/A-1+, avec une perspective stable, et cet incident n’est pas lié à la moindre activité de surveillance de notes», a assuré l’agence de notation. Un incident qui tombe toutefois mal alors que Bruxelles prépare une nouvelle réglementation pour les agences de notation (lire ci-dessous).
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Le dirigeant chinois lui a aussi promis l’achat de 200 «gros» Boeing, a-t-il dit. C’est considérable, mais moindre que la commande de 500 avions monocouloirs 737 MAX et d’une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777) évoquée par la presse depuis des mois. La Chine est un partenaire stratégique et économique primordial pour l’Iran qui lui destine la grande majorité de ses exportations de pétrole. Elle est directement touchée par la quasi-fermeture, sous l’effet des blocus iranien et américain, du détroit d’Ormuz par lequel transite une grande part de ses acquisitions d’hydrocarbures, d’Iran mais aussi d’autres pays du Golfe. L’Iran a annoncé jeudi, en plein sommet pékinois, que ses forces avaient autorisé le passage de plusieurs navires chinois. Washington voudrait voir Pékin user de son influence sur Téhéran pour contribuer à une sortie de crise dans le Golfe. Tout en s’employant diplomatiquement, Pékin a observé jusqu'à présent une grande retenue. «Nation en déclin» C’est l’un des sujets de crispation que le sommet est destiné à atténuer, sinon à dissiper. Ils abondent: Iran donc, Taïwan, relations commerciales, restrictions d’accès aux terres rares et aux semi-conducteurs, intelligence artificielle et propriété intellectuelle... Ils se sont manifestés ouvertement jeudi avec une mise en garde vigoureuse du président chinois quant au risque de «conflit» entre Chine et Etats-Unis au sujet de Taïwan. Les propos de M. Xi ont dominé le premier jour de la visite. La compétition - stratégique, commerciale, technologique - est extensive et la Chine semble miser sur un déclin des Etats-Unis, subtilement évoqué par Xi Jinping lui-même lorsqu’il a cité l’historien de l’Antiquité grecque Thucydide, théoricien du risque de guerre lorsqu’une puissance émergente entre en rivalité avec une puissance dominante. M. Trump a répondu jeudi soir dans un message sur sa plateforme Truth Social. «Le président Xi a fait très élégamment référence aux Etats-Unis comme étant peut-être une nation en déclin», a-t-il dit. Mais selon lui, l’homme fort de Pékin avait à l’esprit les Etats-Unis de son prédécesseur Joe Biden, pas l’Amérique actuelle. «Il y a deux ans, nous étions effectivement une nation en déclin. Aujourd’hui, les Etats-Unis sont le pays le plus génial de la planète», a-t-il dit. «Stabilité constructive» Depuis le retour de M. Trump à la Maison Blanche, Chine et Etats-Unis se sont livré une âpre guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples. MM. Trump et Xi ont conclu une trêve en octobre et, depuis, la Cour suprême américaine a mis à bas les droits de douane généralisés de l’administration Trump. Mais le cessez-le-feu commercial reste exposé à l’instauration de nouvelles surtaxes américaines envisagées par le républicain. Actuellement, l'économie mondiale et la Chine ressentent les effets de la guerre menée par M. Trump avec Israël contre l’Iran. M. Xi a réaffirmé jeudi le vœu chinois de certitude et de prévisibilité dans un monde en proie aux turbulences. Lui et M. Trump se sont entendus pour désigner désormais les rapports sino-américains comme une «relation de stabilité stratégique constructive», selon la diplomatie chinoise. Le président chinois a promis d’ouvrir «toujours plus grand» la Chine aux entreprises étrangères. Avec l’excédent commercial chinois, les pratiques déloyales ou les violations de propriété intellectuelle imputées à la Chine, les obstacles à l’accès au marché chinois sont l’un des grands griefs des Etats-Unis, comme d’autres pays développés, à l’encontre de Pékin. M. Trump a emmené avec lui une importante délégation de grands patrons. 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