La nervosité reste forte autour de la dette de la France
L'écart avec les taux allemands s’est détendu vendredi mais reste à des niveaux historiquement élevés
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Olivier Pinaud
La tension est légèrement retombée vendredi à la faveur de l’avancée des dossiers politiques grec et italien. Montés à un pic de séance de 3,51% en début d’après-midi, les taux à 10 ans de la France ont terminé la semaine sous la barre des 3,4%, à 3,386%. L’écart de rendement avec les taux allemands s’est détendu de 21,2 points de base, à 146 pb, mais il reste à des niveaux historiquement élevés.
Ces soubresauts montrent bien l’extrême nervosité qui entoure depuis quelques jours la dette de la France, avec une crainte: une contagion au pays des difficultés de l’Italie. Les dernières mesures annoncées par le gouvernement de François Fillon n’ont pas convaincu sur la capacité de l’Hexagone à tenir ses engagements de réduction du déficit. L'économie du pays montre de plus en plus de signes d’essoufflement. Selon les chiffres publiés la semaine dernière, la production industrielle a chuté de 1,7% en septembre, avec des baisses de 2,8% pour les biens industriels et de 3,8% pour les produits de consommation durable, signe que les entreprises françaises ont mis en sommeil leurs projets d’investissement sous l’effet de la crise. La prévision de croissance élaborée par le gouvernement français pour 2012 est même contredite par les chiffres de la Commission européenne (lire page 3).
L’épisode de «l’erreur technique» de Standard & Poor’s jeudi, annonçant que la note AAA du crédit de la France avait été abaissée, n’a fait qu’alimenter un peu plus cette nervosité. Vendredi, l’Autorité des marchés financiers a annoncé avoir ouvert une enquête et avoir contacté l’autorité de supervision financière européenne (ESMA), au titre de ses compétences de contrôle des agences de notation. «On ne laissera aucun message négatif passer. On a une stratégie, on a un rendez-vous en matière de déficits qui est fixé. On ne variera pas d’un iota», a lancé le ministre de l’Economie François Baroin.
Depuis, en plus d’ouvrir une enquête interne, S&P a rectifié le tir. «Les notes de la République française restent AAA/A-1+, avec une perspective stable, et cet incident n’est pas lié à la moindre activité de surveillance de notes», a assuré l’agence de notation. Un incident qui tombe toutefois mal alors que Bruxelles prépare une nouvelle réglementation pour les agences de notation (lire ci-dessous).
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