La nervosité mondiale affecte certaines devises asiatiques
Les roupies indienne et indonésienne ont été les plus touchées par des liquidations de positions en faveur du dollar
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Alexandre Garabedian
Tim Geithner, le secrétaire d’Etat américain au Trésor présent aujourd’hui en Pologne, n’est pas le seul à devoir s’inquiéter de la crise en zone euro. Certaines banques centrales asiatiques commencent à en subir les dommages collatéraux. «L’extension de la crise conduit à une baisse du levier sur les devises émergentes et à une demande de dollar», souligne Sébastien Galy, stratégiste change chez SG CIB.
Cette semaine, plusieurs devises asiatiques ont nettement décroché face au dollar. Au point que les banques centrales ont dû intervenir pour ralentir le rythme de baisse. La roupie indonésienne et le ringgit malais ont été les plus touchés, avec des replis supérieurs à 2% face au billet vert. Le dollar singapourien a aussi reculé. Certains cambistes le voyaient pourtant profiter, comme valeur refuge de substitution, de la récente intervention de la Banque nationale suisse. Celle-ci a réaffirmé hier sa volonté de plafonner l’appréciation du franc face à l’euro.
L’aversion pour le risque et la liquidation de positions sur ces marchés expliquent le mouvement. Depuis l’été déjà, les flux en actions vers l’Asie (hors Japon et Chine) ont reculé d’une trentaine de milliards de dollars, selon la recherche SG CIB. «Nous devrions continuer à voir une baisse sélective du levier dans les émergents, en raison d’une situation qui empire à la fois sur le front de l’inflation et de la croissance», indique Sébastien Galy.
Le recul de la roupie indonésienne ces derniers jours s’expliquerait, lui, par des ventes sur le marché obligataire, selon BNP Paribas. Il a été accentué par la prévision d’un retour à un déficit courant au troisième trimestre.
«La roupie indienne est une autre devise exposée à la volatilité des marché car le pays dépend des flux de capitaux entrants pour financer son déficit commercial», soulignent les stratégistes change de BNP Paribas. Les deux devises sont également les plus menacées selon les critères de SG CIB, qui rapporte les positions non résidentes en actions à la taille des réserves de change. «Certains pays pourraient ne pas être en mesure ou désireux d’arrêter ces mouvements, ce qui les exposerait à un regain d’inflation importée», juge Sébastien Galy, en évoquant le baht thaïlandais.
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